Philippe De Backer
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Philippe De Backer © BELGA

“Dépister tout le monde, ce n'est pas possible”

Il n’est pas possible, et certainement à ce stade de la pandémie, de pratiquer des tests de dépistage du covid-19 sur tout le monde, a assuré jeudi à la Chambre le ministre Philippe De Backer en charge de la task force qui doit accroître la capacité de dépistage et gérer le matériel de protection.

De nombreux députés ont exhorté le gouvernement a recourir au dépistage massif afin de juguler au plus vite l’épidémie, invoquant les résultats engrangés dans d’autres pays, dont la Corée du sud.

“Aujourd’hui, je ne vais pas donner l’impression que tout le monde sera testé. C’est impossible! On n’a pas cette capacité, personne n’a cette capacité”, a souligné le ministre.

La Belgique pourra passer dans les prochains jours de 2.000 à 10.000 tests par jour. La priorité demeure le personnel médical, a rappelé plus tôt dans la journée la ministre de la Santé, Maggie De Block. Une fois le pic de l’épidémie passé, un dépistage plus généralisé pourra être organisé, selon M. De Backer.

“Les citoyens ne sont pas égaux aujourd’hui face au covid-19. A côté de ceux qui sont confinés, qui peuvent faire du télétravail, il y a ceux qui vont tous les jours au travail avec la peur au ventre. Ils vous demandent d’être dépistés”, a souligné Sophie Rohonyi (DéFI).

Plusieurs députés ont exhorté le gouvernement à en faire encore plus. “La vague est devant nous. On se doit d’aller plus vite et plus fort”, a demandé Catherine Fonck (cdH).

“Les autorités publiques se coupent en quatre”, a affirmé Mme De Block dont l’action ne convainc pas tout le monde. “Nous avons besoin de savoir que vous avez une vision claire et un plan, et non que vous trouviez une solution à chaque fois qu’un problème se pose”, a dit Séverine de Laveleye (Ecolo).

Les Verts mais aussi les socialistes mettent en cause le résultat de coupes budgétaires opérées dans le secteur des soins de santé. Ils en voient l’illustration dans la destruction en 2017 et 2018 d’un stock stratégique de masques périmés et non remplacés. “C’est un défaut de prévoyance dû à l’austérité budgétaire”, a accusé Patrick Prévot (PS).

La question de la pénurie de masques demeure posée. La pression sur les marchés internationaux est “énorme”, a fait remarquer M. De Backer. Chaque jour de nouveaux chiffres d’arrivage et de distribution sont communiqués. M. De Backer a recensé devant le parlement pour ces derniers jours 16,7 millions de masques chirurgicaux en Belgique, dont 11,2 millions distribués et plus d’un million de masques FFP2 (de plus haute protection) dont la moitié a été distribué. Vendredi, 3,5 millions de masques classiques et 350.000 FFP2 seront distribués au personnel soignant. Mme De Block a toutefois appelé à la lucidité: un masque même performant n’offre pas une protection totale.

Sur le terrain, la distribution suscite beaucoup d’interrogations et se déroulerait même dans un certain désordre, selon M. Prévot. Le député pris pour exemple les doléances du gouverneur du Hainaut sur l’obsolescence des données de l’INAMI et évoqué un article du Soir qui fait état d’un très net déséquilibre dans la répartition de masques FFP2 entre la Flandre et la Wallonie. Il n’a pas obtenu de réponse. 

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