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Dernière messe en l'église du Saint-Sacrement à Binche, à vendre pour un euro

Huit siècles après sa fondation, l'église du Saint-Sacrement de Binche vit ses dernières heures comme lieu de culte. Mise en vente un euro, elle pourrait accueillir un hôtel ou des logements, si le propriétaire en a les moyens.

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Dressée en plein coeur de la ville médiévale, l'église connaîtra dimanche 10 juin sa dernière messe. Une "action de grâce" pour rendre hommage à toutes les communautés religieuses qui s'y sont succédé depuis sa fondation en 1186.

Cadeau empoisonné
"L'église a été donnée en 1976 à la paroisse par les soeurs de la congrégation du Très-Saint-Sacrement pour un franc belge symbolique lorsqu'elles ont quitté les lieux. Mais c'était un cadeau empoisonné", a expliqué le doyen local, Michel Diricq. "Sans subsides, une paroisse comme la nôtre n'a pas les moyens de s'occuper de l'électricité, des assurances, de refaire la toiture, les vitraux ou les gouttières. Il faudrait au bas mot 100.000 euros. Nous avons donc décidé de la vendre, même pour un euro", a-t-il ajouté.

Salle de spectacle ou hôtel?
"Je n'aimerais pas qu'on en fasse n'importe quoi, mais c'est un voeu pieux. Celui qui l'achètera pourra en faire un dancing et on n'aura rien à dire", regrette l'ancien curé des lieux, Jean-Pierre Marcq. L'actuel doyen espère lui aussi que le futur propriétaire "en fera bon usage", en précisant avoir déjà reçu des offres pour "toutes sortes de projets", dont des salles de spectacles, une bibliothèque, des lofts ou un hôtel. Il assure qu'il tranchera avant la fin de l'été.

Autres exemples
Si le sort de l'église a ému à Binche, son cas est loin d'être unique en Belgique ou en Europe. A Bruxelles, l'église Sainte-Catherine, en plein centre-ville, devrait être bientôt transformée en marché couvert, tandis qu'un bar-resto-discothèque branché, inspiré d'un exemple new-yorkais, a vu le jour en 2010 dans une église désaffectée du quartier d'Ixelles. Les futurs propriétaires de l'église de Binche pourront aussi s'inspirer d'un exemple venu de Flandre. A Malines, un hôtel cossu s'est ouvert en 2009 dans l'ancien couvent des Frères mineurs.

Pas d'opposition de l'Eglise
L'Eglise catholique de Belgique, qui ne souhaite pas dévoiler le nombre d'églises qui pourraient subir le même sort, ne s'oppose pas par principe à leur reconversion.

Changement compréhensible
"Dans certains quartiers, qui ont par exemple aujourd'hui une majorité de population musulmane, il est assez compréhensible que les églises soient moins fréquentées, donc on va peut-être leur trouver une autre affectation", explique le porte-parole des évêques belges, le père Scholtes. "Si l'on en fait des bibliothèques, je le sens tout à fait bien. Mais une boîte de nuit ou quelque chose de tout à fait lucratif, ce serait moins heureux", ajoute-t-il.