Des Belges bloqués à Fuerteventura au moins jusque mai: “Le SPF ne nous propose rien de concret”

Christophe et son épouse étaient partis à Fuerteventura pour deux semaines de vacances, début mars. Entre-temps, l’Europe s’est vue submergée par l’épidémie de coronavirus et le couple de Belges ne parvient plus à rentrer en Belgique. “Les vols sont annulés de semaine en semaine”, déplore le couple de la région de Charleroi.

Un lecteur originaire de Montigny-le-Tilleul a contacté 7sur7 pour faire part de son expérience en tant que touriste belge à l’étranger en pleine pandémie. Parti avec Ryanair le 7 mars dernier pour deux semaines de vacances sur l’île de Fuerteventura, Christophe apprend le 16 mars par sa compagnie que le vol de retour est annulé. Ryanair lui soumet alors deux options: se faire rembourser le vol ou le reporter. Il choisit le remboursement et, après quelques péripéties dues à la surcharge du site, il parvient enfin à faire acter sa demande. L’argent, lui, n’est pas encore arrivé.

“Les vols sont annulés de semaine en semaine”

“J’ai ensuite mis une option sur un nouveau vol le 1er avril, car nous espérions que la situation se calme et par chance, notre agenda nous le permettait. Mais rapidement, nous avons reçu un mail disant que le vol serait annulé. Il n'y a déjà plus qu'un vol par semaine, le mercredi. Mais il est annulé de semaine en semaine et nous ne parvenons plus à booker de sièges. Pour l’instant, tout est overbooké jusqu’au 6 mai”, déplore le Belge de 52 ans.

Heureusement, Christophe et son épouse ont la chance de se trouver dans une situation relativement confortable: “Nous logeons dans notre propre appartement ici à Fuerteventura. Heureusement, car tous les hôtels sont fermés évidemment. Je travaille comme indépendant et je peux travailler à distance sans trop de problèmes. Notre fils, qui est en Belgique, a 27 ans et se débrouille seul”, reconnaît-il. 

Flou total

Mais la situation ne peut pas non plus se prolonger éternellement et Christophe a donc fait les démarches auprès des Affaires étrangères, de l’ambassade de Belgique à Madrid et, une fois n’est pas coutume, s’était inscrit sur le site dédié Travellers Online afin de suivre les instructions officielles. Il s’étonne du peu de notifications officielles belges: “Nous avons d’abord reçu des informations sur les rapatriements prévus depuis Tenerife et Gran Canaria, or il n’y a plus de vols inter-îles possibles depuis Fuerteventura pour les touristes, ils sont réservés aux déplacements professionnels ou urgents! Le courrier ne disait pas un mot sur les Belges à Fuerteventura”, résume-t-il. 

Finalement, le couple reçoit une seconde information, après une semaine: “On nous invitait à nous inscrire pour repartir avec Luxair, direction le Luxembourg. Mais après 15 minutes, un SMS nous a redirigés simplement vers le site web de Luxair, sans doute pour réserver nous-mêmes notre vol, lequel était à 330 euros par personne. Mais aucune indication sur la suite: nous ne savions pas ce que l’on ferait de nous à l’aéroport luxembourgeois, quid des transferts vers chez nous vu le blocage des frontières, et surtout: allait-on nous mettre en quarantaine à notre arrivée et si oui, où?”. Le couple renonce et attend qu'on réponde à ses questions.

“On a de la chance, une connaissance rencontre les pires difficultés pour rentrer du Pérou”

L’ambassadeur de Belgique à Madrid finit par répondre tardivement, en justifiant par sa propre hospitalisation la lenteur de la communication, et signale qu’on “tiendra le couple au courant”. À l’heure décrire ces lignes, pas de nouvelles. Dans l’intervalle, Christophe a dû faire des démarches tout seul afin d’obtenir une ordonnance électronique pour l’équivalent espagnol d’un traitement quotidien qu’il est tenu de suivre et qu’il n’avait plus en suffisance vu le prolongement du séjour.

Le couple est abasourdi du manque d’action de notre gouvernement pour ses ressortissants à l’étranger: “Dans une situation de crise sanitaire, on s’attendrait à plus de solidarité et surtout plus de respect de la part de notre pays. Or on ne nous propose rien de concret”, s’étonne le quinquagénaire. “Et nous avons encore de la chance, quand je vois ce qu'il s’est passé pour des connaissances au Maroc, ou un membre de notre famille qui connaît les pires difficultés au Pérou en matière de rapatriement”. 

“Si on a voulu rentrer, c’est pour les soins de santé”

Par contre, le Hennuyer se dit qu’il n’est pas logé à si mauvaise enseigne à Fuerteventura, quand il voit ce qu’il se passe en Belgique: “Ici, on ne rencontre aucun souci: on se réapprovisionne chaque semaine sans problème et en matière de confinement, les mesures ont été prises très rapidement donc on se sent en sécurité. Sur l’île, on ne connaît que 21 cas pour quelque 120.000 habitants et pas de cas graves. C’est différent à Tenerife ou Gran Canaria. Si on a vraiment voulu rentrer, c’est parce qu’on s’est dit au départ que les soins étaient plus à la pointe en Belgique, au cas où. On se demande par contre comment font les touristes coincés ici et qui ne connaissent pas les bons plans locaux: louer une voiture actuellement par exemple, c’est quasi impossible car toutes les sociétés de location ferment les unes après les autres”, conclut-il.

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Point positif pour le couple coincé à Fuerteventura: le soleil et la vue sur des plages désertes © DR
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