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Des capteurs au cœur du béton pour détecter les fissures dans les tunnels et... réduire les files

Le béton du tunnel Rogier à Bruxelles sera surveillé en temps réel dans les prochains mois grâce à une innovation technologique élaborée par des chercheurs de l'Université Libre de Bruxelles. Des microfissures pourront être détectées grâce à des capteurs placés au coeur même du béton la semaine prochaine. Ce système peut générer des économies conséquentes pour Bruxelles Mobilité et réduire les embarras de circulation.

Bruxelles Mobilité consacre annuellement un demi-million d'euros pour mener à intervalles réguliers des inspections visuelles des tunnels et des fissures dans le béton des infrastructures. Ces inspections sont dépendantes de l'expérience et de l'appréciation des opérateurs, mais nécessitent aussi une fermeture complète ou partielle de l'ouvrage inspecté. Or ces procédures, très chères et avec un impact important sur la mobilité, pourraient disparaitre à l'avenir. 

Des réparations sont actuellement en cours dans le tunnel Rogier et concernent plus précisément le béton du toit. C'est un moment opportun pour que les chercheurs de l'ULB testent leur nouveau dispositif de monitoring en plaçant divers capteurs à quelques centimètres de profondeur dans le béton. "L'objectif de l'équipe est désormais de valider l'efficacité du système en situation réelle", explique Bruxelles Mobilité . Le monitoring sera donc installé dans le tunnel la semaine prochaine, annonce le service public régional.

 “Interventions mineures au lieu de réparations conséquentes”

Via des vibrations ultra sonores déclenchées toutes les trente minutes, ces capteurs pourront générer une "photographie" du béton. Ces données seront ensuite analysées à l'ULB grâce à des algorithmes.
"La forme du signal altère en effet la forme du béton qui prend alors une autre allure. De cette façon, nous pouvons détecter des fissures et intervenir immédiatement. Cela permet de mener des interventions mineures au lieu de réparations conséquentes", explique le professeur Arnaud Deraemaeker au sein du service BATir (Building, Architecture and Town planning) de l'École polytechnique de Bruxelles.

Il a consacré, avec Cédric Dumoulin, chercheur-entrepreneur, huit ans de travaux pour développer ce système de suivi de l'état de santé du béton. Une phase de test aura lieu jusqu'au mois de décembre avec quatre capteurs dans du béton réparé et un dans du béton intact. Les résultats de l'étude sont attendus pour début 2020.