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Manifestation au parlement flamand, jeudi, à Bruxelles © Photo News

Des centaines de personnes devant le parlement flamand contre les coupes imposées à la culture

mise à jourPlusieurs centaines de personnes manifestaient jeudi matin devant le parlement flamand où le ministre-président Jan Jambon (N-VA), en charge de la Culture, venait détailler les lourdes économies qu'il entend imposer au secteur. L’atmosphère était particulièrement tendue dans l’enceinte, où les partis de la majorité (N-VA, CD&V, Open Vld) se sont montrés divisés. M. Jambon a invité le secteur culturel à avancer lui-même une proposition d’économies. “Je veux débattre d’une meilleure répartition” des efforts, a-t-il affirmé. Mais il a maintenu l’ampleur des coupes budgétaires annoncées, dont il assure qu’elles touchent de la même manière d’autres secteurs subsidiés. “Les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel”, a lancé le nationaliste flamand.

Le montant des économies auxquelles le gouvernement N-VA, CD&V, Open Vld entend soumettre le secteur culturel a été dévoilé samedi: 6% de réduction des subsides de fonctionnement (sauf pour les sept institutions artistiques reconnues, où l'effort serait limité à 3%) et jusqu'à 60% de moins pour les subsides par projets, dont l'enveloppe de 8,47 millions d'euros cette année fondrait à 3,39 millions l'an prochain.

Le choc a été rude pour le secteur. Mardi soir, quelque 2.000 sympathisants ont déjà protesté devant le Beursschouwburg à Bruxelles.

La séance de ce jeudi matin a été interrompue. Les partis de la majorité étaient divisés sur l’opportunité de tenir un débat dans la foulée de la présentation du ministre-président, alors que ce débat n’est théoriquement programmé que dans quinze jours. Vu la mobilisation du secteur culturel, Groen, le sp.a et le PTB pressaient la majorité de débattre dès ce jeudi, ou au moins d’autoriser une intervention par groupe politique. La N-VA s’accrochait à l’agenda convenu, tandis que l’Open Vld plaidait la souplesse. Le CD&V semblait hésiter. C’est finalement la solution d’une intervention par groupe politique qui a été retenue. Dans les couloirs du parlement, la tension était palpable. Une virulente confrontation verbale a eu lieu entre une délégation des manifestants et le député Vlaams Belang Filip Brusselmans.

Jan Jambon considère que les coupes annoncées n’étoufferont pas la créativité. “Nous serons plus sélectifs, mais ceux qui excellent recevront toujours des possibilités de croître”. Il ajoute que le budget global de la Culture, lui, ne baisse pas: les 482,4 millions d’euros de 2019 passeront à 482,6 millions en 2020. Et si des marges budgétaires se dégagent, elles seront affectées en priorité aux subsides par projets, a-t-il promis.

Pour Groen, la main tendue par Jan Jambon au secteur culturel pour qu’il propose lui-même où opérer les coupes budgétaires traduit une volonté du ministre-président de diviser le secteur, a affirmé Staf Pelckmans. “Ça ne passera pas ! Nous serons là, avec les activistes, jusqu’à ce que vous reveniez sur ces économies”, a lancé Tom De Meester (PTB), tandis que Katia Segers (sp.a) dénonçait les choix “erronés” du gouvernement. Le seul parti d’opposition à soutenir M. Jambon a été le Vlaams Belang.

Dans la majorité, le CD&V et l’Open Vld n’ont pas caché un certain malaise sur les choix du ministre-président. Karin Brouwers (CD&V) a affirmé que son parti était “choqué” par les fortes coupes budgétaires. Stephanie D’Hose (Open Vld) est allée plus loin: “Je suis persuadée que vous avez pris une mauvaise décision”, a-t-elle dit à Jan Jambon. Les deux partenaires de la N-VA se sont toutefois montrés satisfaits de l’ouverture au dialogue. Mme D’Hose a même suggéré d’augmenter de 3% à 6% l’effort demandé aux institutions reconnues, de manière à réduire les coupes sur les subsides par projets.

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Le ministre-président Jan Jambon (N-VA), en commission parlementaire © BELGA
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Confrontation verbale entre une délégation de manifestants et le député Filip Brusselmans (Vlaams Belang) © Photo News

À Gand, le Musée municipal pour l’Art Actuel (SMAK) a décidé de garder porte close ce jeudi en signe de protestation contre les coupes budgétaires annoncées. La cinquantaine de membres du personnel et la direction sont présents dans le bâtiment, mais celui-ci est inaccessible aux visiteurs.

“Les économies faites aujourd’hui sur le dos des artistes les empêcheront d’exposer demain”, s’inquiète le musée, dont les portes resteront closes ce jeudi uniquement.

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    L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH) va se porter partie civile contre le chirurgien plasticien Jeff Hoeyberghs, dont les propos sexistes tenus lors d'une conférence du KVHV, une association étudiante flamande conservatrice, ont suscité l'indignation. "Les déclarations de Jeff Hoeyberghs incitent à la discrimination et à la haine contre les femmes. C'est la mission de l'institut d'intervenir", a fait savoir mercredi sa directrice adjointe, Liesbet Stevens. Le conseil social de l’université de Gand a quant à lui proposé la suspension provisoire du KVHV.