Plein écran
Photo prétexte © Google Street View / DR

Des excréments humains devant chez elle en plein coeur de Bruxelles: “Inacceptable”

La semaine dernière, durant plusieurs jours, des excréments humains ont jonché la rue ’t Serclaes  à Bruxelles. Une riveraine condamne le temps de réaction des autorités compétentes et assure que le problème se répète depuis près d’un an. “C’est inacceptable que cela ne soit pas enlevé le jour même”, regrette-elle.

“On est au bout du désespoir”. Sylvie (prénom d’emprunt) réside dans un immeuble situé rue ‘t Serclaes à Bruxelles, à 150 mètres de la Grand-Place. Elle nous confie être confrontée “à un problème de santé publique” et se sentir démunie face au manque de réponse apporté par les autorités. 

“Des  sans-abris font leurs besoins dans la rue à hauteur de notre immeuble et contre le mur”, entame-t-elle. “Outre les inconvénients que vous imaginez, les crottes attirent des bêtes, notamment  des taons, qui rentrent dans les appartements. Au rez-de-chaussée, il y a un snack et les gérants sont exaspérés par la situation.” 

La semaine dernière, les excréments ont souillé la rue durant plusieurs jours avant d’être enlevés. Durant ce laps de temps, la ville de Bruxelles et Bruxelles-Propreté se sont renvoyé la balle, assure Sylvie.

“Responsabilité rejetée”

“On a essayé en vain de faire venir une instance officielle pour enlever les excréments et nettoyer la rue. On a téléphoné à Bruxelles-Propreté le matin du 6 août. On nous a répondu que la rue ’t Serclaes est une voirie communale et relève de la responsabilité du service Propreté Publique de Bruxelles-Ville. On s’est alors tourné vers le service en question qui nous a promis d’intervenir dans les 24 heures.” 

Mauvaise surprise le lendemain. “On constate le matin du mercredi 7 août que rien n’a été fait, les crottes sont toujours là et une nouvelle ‘livraison’ est arrivée. On téléphone à nouveau au service Propreté Publique de Bruxelles-Ville pour obtenir des explications. On nous prétend que Bruxelles-Propreté vient d’être contacté, soit les personnes qui nous avaient certifié quelques heures plus tôt que ce cas précis n'était pas de leur ressort.” 

L’imbroglio s'éternise. “ On nous renvoie d’un côté à l’autre. En attendant,  aucune action, évidemment.”

Excréments... déplacés

La délivrance (relative) tombe quelques heures plus tard, le soir du mercredi 7 août. “Je reçois un mail standard de Bruxelles-Propreté qui relate une ‘intervention effectuée’. Je descends  pour vérifier et constate que les excréments n’ont pas été enlevés, juste déplacés plus loin.”

Jeudi 8 août. Le service Propreté Publique de la Ville de Bruxelles nous affirme qu’une équipe de Bruxelles-Propreté a été envoyée sur place durant l'après-midi. “Le territoire de la Ville de Bruxelles est fragmenté. Certaines parties sont prises en charge par Bruxelles-Propreté. D’autres sont de la compétence de la Ville. C’est une répartition qui a été déterminée d’un commun accord. Dans ce cas précis, la rue concernée relève de la compétence de la Région, c’est donc à Bruxelles-Propreté d’intervenir. On a veillé à ce que le nettoyage ait lieu. Nos services collaborent, nous sommes en contact régulier avec Bruxelles-Propreté.” 

Concernant le délai d'intervention, le porte-parole de Zoubida Jellab, échevine de la Propreté publique, nous rapporte une seule plainte, envoyée la veille du nettoyage, soit le mercredi 7 août. 

“Une intervention pas évidente”

“Nous avons été alertés pour la première fois le mardi 6 août avant d’enregistrer des plaintes répétées depuis lors”, commente Étienne Cornesse, porte-parole de Bruxelles-Propreté. Il nous confirme le vendredi 9 août que le nettoyage a été effectué. “Ce type d’intervention est source de problèmes pour nos services. Quand les déjections sont nombreuses, cela nécessite le  recours à des moyens techniques tout à fait particuliers. Nous utilisons des machines à pression qui sont normalement réquisitionnées autour des gares notamment. Nous devons nous assurer qu’elles sont disponibles, etc. Cela n’est pas du tout évident. Nous espérons qu’une solution va être trouvée pour régler ce problème.”

Une solution très attendue, car la problématique se répète depuis près d’un an, déplore Sylvie. “Je comprends qu’on ne peut résoudre d’un coup de baguette magique la problématique des sans-abris. Mais c’est inacceptable que, si des excréments humains se trouvent dans les rues de Bruxelles, ils ne soient pas enlevés immédiatement, le jour-même.”

De son côté, Bruxelles-Propreté tempère. “Nous n’avons reçu que deux réclamations pour ce type de problème. Le 2 juillet et le 6 août (N.D.L.R.: le cas mentionné précédemment). Nous sommes intervenus à d'autres reprises dans cette rue, mais pour des dépôts clandestins.”