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Theo Francken, N-VA © Photo News

Des gants de boxe pour un centre d’asile: un nouveau tweet de Francken sème la zizanie

Le parlementaire nationaliste et ex-secrétaire d'État à l’Asile et la Migration Theo Francken provoque toujours des remous chez Fedasil, un an après avoir remis ses fonctions à Maggie De Block. En cause: une annonce, lancée par un employé de Fedasil qui se disait à la recherche de gants de boxe pour le centre de Poelkapelle, et que Theo Francken a relayée pour créer la polémique mais sans prendre la peine de masquer les coordonnées de l’intéressé. Depuis, le travailleur reçoit des menaces par téléphone. “C’est ce qui arrive quand on publie sans réfléchir sur les réseaux sociaux”, soupire Mieke Candaele, directrice de la communication de Fedasil. 

Ce matin, Theo Francken a publié sur Twitter un lien vers une petite annonce qui lui a fortement déplu. Dans celle-ci, un centre Fedasil cherchait à se procurer un lot de gants de boxe. Il n’en fallait pas davantage pour que Theo Francken monte au créneau: “Fedasil lance un appel d’offres pour des gants de boxe pour le centre d’asile bondé de Poelkapelle. Est-ce pour renforcer le soutien de la population à l’accueil des demandeurs d’asile, Maggie De Block?”, a ainsi interpellé l’ex-secrétaire d'État en charge de cette fonction, en ajoutant un sarcastique “surréaliste” à son intervention sur le réseau social. 

“Des sports pour les demandeurs d’asile et des sport pour les Belges”

“Et d’ajouter: “La boxe est un très beau sport, mais je trouve inadéquat de l’enseigner dans des centres d’asile. Les gens fuient la guerre et la violence et on va leur apprendre à se battre?”, lance-t-il encore à celle qui lui a succédé. Francken demande l’annulation de la commande, une enquête interne et des sanctions contre les responsables de l’initiative.

Chez Fedasil, cette sortie fait grincer des dents: l’agence fédérale est mécontente que Theo Francken ait sciemment rapporté et partagé l’appel d’offres alors que la personne de contact est clairement identifiable. L’employé concerné est désormais assailli de coups de téléphone haineux, et de menaces. “C’est évidemment très sérieux, et cela n’arrive que lorsque vous postez des choses pareilles sans réfléchir sur les réseaux sociaux”, s’indigne Mieke Candaele. Theo Francken a fini par effacer le lien concerné mais le mal est fait, le travailleur est désormais harcelé. 

Il tient cependant à rappeler que la faute revient à Fedasil et son employé, qui n’avaient selon lui pas à lancer un appel d’offres publiquement en dévoilant son identité, s'ils craignaient des représailles. Mais au-delà de cet impair, c’est le contenu du propos de Theo Francken qui pose question, soulève Fedasil. “Il y a apparemment des sports pour demandeurs d’asile et des sports pour les Belges. À Poelkapelle, il y a une salle de sport, et des punching balls, voilà pourquoi nous voulions des gants, pour que les gens puissent en faire quelque chose. Mais si ce sont des demandeurs d’asile qui pratiquent la boxe, ce sont apparemment automatiquement des bagarreurs ou des criminels”, épingle Mieke Candaele. 

“Si les parlementaires répandent de fausses informations...”

Fedasil aurait par ailleurs reçu l’ordre de Maggie De Block (Open VLD) de combattre activement les messages trompeurs liés à l’asile et souvent répandus sur le net, dont les réseaux sociaux. “Mais si même les députés se mettent à diffuser des informations trompeuses, cela devient un peu trop difficile à gérer”, déplore encore la responsable de la communication.