Plein écran
© AFP

Des hôtels réquisitionnés pour les sans-abri à Bruxelles

BRUXELLES 26/03 (BELGA) = Des hôtels ont été réquisitionnés pour permettre aux sans-abri de se plier aux règles de confinement, a indiqué jeudi le cabinet du ministre bruxellois Alain Maron, chargé de l'Action sociale et de la Santé. Des premiers chiffres sont attendus vendredi sur cette initiative.

Etterbeek a été la première commune bruxelloise à réquisitionner un hôtel pour les sans-abri. Après avoir dû fermer le chauffoir ouvert durant l'hiver rue Général Tombeur, le bourgmestre Vincent De Wolf a ordonné samedi à 16h00 par arrêté la réquisition de l'hôtel Le Derby sur l'avenue de Tervueren. Ce dernier avait dû fermer ses portes faute de clientèle. 

"J'ai trouvé un hôtel fermé, ce qui ne crée pas de préjudice pour l'exploitant", explique le bourgmestre. "Il s'est montré de très bonne volonté, a exprimé son soutien, ne s'est opposé à rien et a pris la route pour venir allumer le chauffage de l'hôtel." Le patron travaille sur place avec trois membres de son personnel à mi-temps. 

Des ouvriers communaux ont placé des vitres de protection à l'accueil. Des gardiens de la paix ont été mobilisés dans un premier temps pour assurer la sécurité des lieux, qui a été confiée par la suite à des agents de sécurité. La commune paiera les chambres au tarif normal et indemnisera le gérant en cas de préjudice. Les matelas seront détruits et les chambres désinfectées à la fin du confinement. L'initiative est gérée avec le CPAS d'Etterbeek.

"D'autres présidents de CPAS nous appellent pour savoir comment on a procédé", continue Vincent De Wolf. "Tout se passe merveilleusement bien sur le plan humain. L'exploitant rapporte que les sans-abri respectent les mesures d'hygiène, qu'un lavabo extérieur a été installé devant l'hôtel pour qu'ils puissent se laver les mains avant d'entrer, qu'ils reçoivent des repas chauds du CPAS... " Une vingtaine de personnes, dont deux familles, occupent la quinzaine de chambres mises à disposition.

Rodolphe Van Weyenbergh, secrétaire général de la Brussels Hotels Association (BHA), explique être en contact avec différentes communes et avec la Région, qui coordonne l'initiative. "L'objectif n'est pas de réquisitionner de manière autoritaire, mais de manière volontaire, la réquisition étant simplement l'instrument juridique qui permet de cadrer la mise à disposition et l'utilisation des lieux", détaille-t-il. 

"Sur le terrain, on a déjà plusieurs offres de services de responsables d'établissements qui entendent jouer leur rôle sociétal dans cette crise, envers les sans-abri ou envers d'autres publics comme les soignants." Il explique qu'à ces offres de services du secteur hôtelier s'ajoutent des bâtiments collectifs publics proposés notamment par les communes à la Région, qui devra organiser ces différents élans.

  1. Les Belges se disputent moins avec leur partenaire, mais plus avec leurs enfants pendant le confinement

    Les Belges se disputent moins avec leur partenaire, mais plus avec leurs enfants pendant le confine­ment

    Une enquête menée par l’agence iVOX auprès de 5.000 Belges nous en apprend davantage sur le bonheur (familial) en pleine crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Selon l’étude, nous nous disputons moins avec notre partenaire, mais plus souvent avec les enfants. Dans le même temps, nous sommes reconnaissants de pouvoir passer plus de temps avec nos familles et nous voulons améliorer nos vies après cette crise.
  2. Qader, réfugié afghan, fabrique des masques: “Je veux donner en échange de toute l’aide que je reçois ici en Belgique”
    Roulers

    Qader, réfugié afghan, fabrique des masques: “Je veux donner en échange de toute l’aide que je reçois ici en Belgique”

    Du matin au soir, Mohammad Qader Mohammadi, 42 ans, est assis derrière sa machine à coudre pour fabriquer des masques buccaux pour le personnel soignant. Qader a fui son pays natal, l’Afghanistan, il y a plus de dix ans. Durant cette crise sanitaire, il souhaite rendre service à la Belgique qui l’a aidée. “Je suis diabétique, donc j’appartiens moi-même au groupe à risque, mais je sais combien il est important de bien vous protéger”, confie-t-il.