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Des messages de haine après le drame à La Panne: une enquête ouverte

Mardi, une vaste opération de sauvetage de migrants a eu lieu au large de Le Panne. Quatorze personnes étaient montées en pleine nuit dans une embarcation pour tenter la traversée jusqu’au Royaume-Uni. Leur bateau a chaviré et les réfugiés ont regagné le littoral. Six d’entre eux ont été interpellés au cours de l’opération qui a suivi le naufrage. Huit autres sont toujours portés disparus. Suite à certains commentaires haineux publiés sur les réseaux sociaux, une enquête a été ouverte. “Une cellule spécialisée de la Police fédérale est à la recherche de personnes susceptibles d'avoir enfreint la loi anti-raciste”, commente Johan Lescrauwaet, du parquet d’Ypres. “C’est un signal important pour montrer que cela ne sera pas toléré.”

Ce drame a suscité des commentaires haineux sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook sous la publication mise en ligne par le média Focus & WTV, une télé régionale flamande. Exemples: “C’est une bonne chose, laissez-les nager”, “ne les sauvez pas, ça coûte de l’argent, les déchets s’échouent toujours”, “quel dommage pour la mer”, “le plus important a été retrouvé, le bateau”, “bon voyage, qu’ils retournent à la nage d’où ils viennent”.

Conner Rousseau, le jeune président du sp.a, n’a pas hésité à épingler ces réactions sur Twitter. “La déshumanisation continue. C’est à vomir. Ce sont des êtres humains faits de sang et de chair. Jusqu’où allons-nous laisser aller cela? Jusqu’où? N’avons-nous rien appris du passé?”, s’est-il indigné, invitant les politiques, tous partis confondus, à se joindre à lui et à condamner ce genre de réactions racistes.

Plusieurs responsables politiques ont répondu à son appel et ont partagé leur colère, notamment Bart Somers, Hilde Crevits et Bart De Wever. “Ne jamais s’incliner devant l’extrémisme. La dignité de chaque être humain doit toujours être au centre des préoccupations. Au-delà des clivages politiques”, a posté le bourgmestre de Malines. “C’est tellement méprisable et triste. Pas ma Flandre. Une réponse commune au-delà des clivages politiques plus que nécessaire #dignité” , a renchéri Hilde Crevits (CD&V), vice-présidente du gouvernement flamand.

Le président de la N-VA Bart De Wever a également condamné fermement. “Jamais l’indignation légitime à propos de la politique migratoire européenne peut se transformer en haine envers des personnes. Dans la nation flamande que nous voulons construire ensemble, il n’y a aucune place pour le racisme”, a réagi le leader des nationalistes, sans concession.

La chaîne Focus en WTV est également montée au créneau pour condamner les messages de haine sur les réseaux sociaux. “Chacun a le droit d’émettre une opinion mais nous réprouvons le racisme. Les réactions racistes seront supprimées sans pardon”, peut-on lire sur leur site internet.

 Le service fédéral spécialisé vérifiera si certaines personnes incitent à la haine dans leur message. En cas d’infractions pénales, la police établira un PV. “Si nous décidons de poursuivre ces personnes, elles risquent un emprisonnement d’un mois à un an et une amende pouvant aller jusqu’à 8.000 euros. Cela s’est déjà produit dans le passé avec des messages en ligne concernant le négationnisme”, met en garde Johan Lescrauwaet.

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