Deux étudiantes racontent leur vie de jobiste durant le confinement

En cette période de confinement, les étudiants sont beaucoup sollicités par les magasins alimentaires. Certains travaillent à l’année ou durant les week-ends, mais d’autres ont été appelés tout spécialement pour renforcer le personnel.

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Charlotte est étudiante jobiste au Colruyt de Seraing depuis le mois de janvier. Jusqu’ici, elle travaillait principalement durant les congés scolaires, mais depuis le 17 mars, elle fait presque un temps plein. “Je travaille entre quatre et cinq jours par semaine. La plupart du temps, je fais des demi-journées de quatre heures, mais au moins une fois par semaine, je fais une journée complète”, indique-t-elle.

Gwenaelle, quant à elle, travaille à la boucherie du Carrefour Market située au Thier-à-Liège. Contrairement à Charlotte, elle a commencé à travailler là il y a dix jours à peine. “Avant, je travaillais dans une sandwicherie qui n’emploie plus d’étudiant pour le moment. Je suis passée par une agence d’intérim pour trouver ce poste en boucherie”, raconte Gwenaelle, qui explique, en outre, qu’elle avait beaucoup d’apriori avant de commencer ce job. Des appréhensions qui se sont vite dissipées.

Si la semaine dernière Gwenaelle a fait un temps plein parce que le boucher était en congé, pour les semaines qui suivent elle ne devrait travailler que les week-ends. Le patron lui a par ailleurs déjà proposé de poursuivre leur collaboration au-delà du confinement, tant il est content de son travail.

Normes d’hygiène strictes

Tous les magasins ont mis en place des systèmes afin de respecter les règles sanitaires édictées par les ministres fédéraux. Chez Colruyt, par exemple, les clients doivent faire la file dehors et entrent au compte-goutte. Des plexiglas à taille d’homme ont été installés devant les caisses, des indications pour respecter les distances ont été apposées au sol, et du matériel de protection a été distribué. 

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Certains employés ont décidé de venir avec leur propre masque pour ne pas trop puiser dans le stock jetable.

Charlotte

Du côté de la boucherie du Carrefour, les clients doivent également faire la file. Les employés et étudiants qui tiennent le comptoir doivent porter masque et gant, bien évidemment, et se désinfecter régulièrement les mains ainsi que les plans de travail. Mais Gwenaelle nous avoue que, parfois, elle et sa collègue n’ont pas le temps de tout désinfecter comme il faut : “C’était le cas la semaine passée où on a eu énormément de monde. Par contre, on est quand même très vigilant sur les gants et les masques qu’on change régulièrement.”

Une relation avec le client pas toujours aisée

Au-delà des règles sanitaires, qui peuvent parfois être difficiles à respecter, surtout lorsque l’on n’est pas habitué, comme nous le souligne Gwenaelle, c’est la relation avec le client qui peut fatiguer les étudiants, aussi bien que les employés.

“Au début du confinement, il y avait beaucoup de produits manquants”, explique Charlotte. “Les clients s’énervaient un peu sur nous, mais nous n’y pouvions rien. Maintenant, niveau stock nous sommes ok. Mais le problème, c’est que certains ne respectent pas les règles. Par exemple, on limite les paquets de sucre et de farine à trois par personnes. Les clients le savent, mais essaient quand même de passer avec plus de marchandise. Et puis, certains ne respectent même pas les règles de distanciation.”

Du côté de Carrefour, Gwenaelle n’a pas eu de problèmes avec les clients. “Mais une fois, un homme ne s’était pas rendu compte du système de file que l’on avait mis en place. Une femme a piqué une crise et l’a engueulé.”

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Je crois que ça tend un peu tout le monde, cette situation.

Gwenaelle

Pas touche aux 475 heures

Chaque étudiant qui travaille a droit à un quota de 475 heures sur l’année. S’il dépasse cette limité, lui et son employeur doivent alors payer plus de cotisations sociales. Mais le gouvernement fédéral a décidé de geler ces heures.

“Nous sommes en train de préparer une communication, mais nous devons attendre que le fédéral écrive un arrêté officiel avant cela. Cela aura un impact positif aussi bien pour les étudiants, naturellement, que pour les employeurs qui n’ont parfois pas le choix de compter sur les étudiants, en cette période”, commente Kris Wils, de la plateforme Student@Work.

Autre bonne nouvelle pour les étudiants de Colruyt, jusqu’à la mi-mai, au moins, tous reçoivent une prime de 7,5 € par jour presté, qu’ils aient travaillé 4 heures ou 8 heures. Une façon, selon Charlotte, de dire “merci de faire vivre le magasin”.

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