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Deux policiers de la zone de Charleroi sont poursuivis pour avoir été corrompus en échange de faux documents et d'informations (archives). © Photo News

Deux flics “ripoux” carolos dans de sales draps

Le parquet fédéral a requis mercredi, devant le tribunal correctionnel de Charleroi, une peine de cinq ans et une autre de deux ans de prison à l'encontre de M.P.R. et D.J., deux policiers opérant à la zone de police de Charleroi. Les deux prévenus sont poursuivis pour avoir été corrompus par K.S, en échange de faux documents et d'informations. Une peine de 10 ans de prison ferme a été requise contre K.S.

En mai dernier, une opération policière de grande ampleur a permis de démanteler un vaste réseau d'escroquerie. Les suspects achetaient des véhicules d'occasion et versaient un acompte aux propriétaires, promettant de verser le reste de la somme par la suite, sans toutefois tenir leur parole. Plusieurs centaines de personnes ont ainsi été lésées. Le préjudice total du système frauduleux est estimé à plusieurs millions d'euros.  

Un certain nombre de perquisitions ont été menées en Belgique, dont à Charleroi au sein de la communauté des gens du voyage, mais également au sein de la police locale de Charleroi. Plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées, dont M.P.R. et D.J. Les deux policiers sont suspectés d'avoir agi dans le cadre de cette immense escroquerie, en fournissant des informations et en dressant de faux procès-verbaux de perte de documents de véhicule à K.S., permettant l'immatriculation des voitures avec de nouvelles plaques afin de les revendre vers l'étranger. 

M.P.R., 41 ans, reconnaît avoir touché, à chaque faux PV dressé, 250 euros de la part K.S., qui est considéré comme le personnage central du volet carolo du dossier. D.J. est pour sa part suspecté d'avoir violé son secret professionnel en délivrant des informations sur une voiture Porsche 911 signalée volée à K.S., mais conteste avoir perçu le moindre euro en échange de ce service rendu. M.B., 20 ans, et C.G. sont également suspectés d'avoir participé à la corruption, dans un moindre rôle que les trois autres prévenus.

Des faits très graves, estime le parquet

Le magistrat fédéral, Julien Moinil, a requis une peine de cinq ans de prison ferme contre M.P.R. et deux ans d'emprisonnement pour D.J. Une peine de dix ans de prison ferme a été requise contre K.S., déjà condamné à 34 reprises par la justice. 

Le parquet fédéral a souligné la particulière gravité des faits. "Ce sont des agents qui ont juré fidélité à la loi. Au final, en échange d'argent, ils ont cédé et porté atteinte à notre état de droit." Le magistrat ne s'oppose pas à des mesures de faveur pour D.J., C.G. et M.B., compte tenu de l'absence d'antécédents judiciaires des trois prévenus. 

Les avocats de la défense ont sollicité la plus grande clémence du tribunal. Les conseils des deux policiers ont soutenu une peine de travail et un sursis. Me Signor, avocat de K.S., a lui plaidé un sursis probatoire, jurant que son client était loin d'être le grand bandit décrit par le parquet fédéral. Un acquittement est sollicité pour M.B. et C.G., qui n'ont jamais participé à la corruption des policiers. 

Jugement attendu le 11 décembre. 

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