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Didier Reynders désigné commissaire européen à la Justice

Mise à jourLe candidat commissaire désigné par la Belgique, Didier Reynders, s’est vu confier le portefeuille de la Justice dans la future Commission européenne.

L’Allemande Ursula von der Leyen, qui succèdera à Jean-Claude Juncker à la tête de l’exécutif européen le 1er novembre, a dévoilé ce mardi les attributions qu’elle a prévues pour les vingt-six candidats qui lui ont été soumis par les États membres.

Le Parlement européen devra donner son aval ou non à cette équipe, après avoir auditionné chacun des prétendants entre le 30 septembre et le 8 octobre. Certains d’entre eux - en particulier ceux de la Pologne, de la Roumanie et de la Hongrie - risquent d’être confrontés à une solide opposition de la part des eurodéputés.

Didier Reynders “très heureux” 

Didier Reynders s’est dit “très heureux” mardi d’avoir été sollicité pour hériter des compétences de la Justice, qui comprennent aussi la surveillance du respect de l’État de droit et la Protection des consommateurs, a-t-il indiqué dans une réaction à Belga. 

La lettre de mission qu’Ursula von der Leyen lui a transmise mentionne la compétence de la justice “au sens large”. Le libéral francophone belge est ainsi appelé à prendre la succession du socialiste néerlandais Frans Timmermans pour veiller au respect de l’État de droit, un dossier sur lequel son prédécesseur s’était illustré face à plusieurs gouvernements populistes ou illibéraux qui ont émergé ces dernières années en Europe.

À cet égard, M. Reynders compte bien “hausser la vérification du respect de l’État de droit au même niveau que celui des critères économiques de Maastricht”, a-t-il souligné, évoquant la conditionnalité de l’obtention de subventions européennes au respect de l'État de droit. En tant que ministre des Affaires étrangères, M. Reynders s’est impliqué fortement dans la promotion d’un examen périodique de l’État de droit dans les pays de l’UE. 

Cette question est devenue fondamentale pour une Union européenne confrontée dans plusieurs pays à l’émergence de gouvernements populistes ou à tendance illibérale.

Autres compétences

Le vice-Premier ministre belge en affaires courantes succède aussi à la Tchèque Vera Jourova pour d’autres matières relevant de la Justice, comme la coopération en matière de lutte contre la criminalité, l’instauration du futur Parquet européen, mais aussi la protection des consommateurs (vie privée, protection des données, RGPD) ou encore les aspects éthiques de l’intelligence artificielle.

Si ces compétences lui sont confirmées par le Parlement européen, la Belgique hériterait ainsi de portefeuilles potentiellement très visibles dans la politique de la future Commission européenne. 

Voir les portefeuilles attribués

Carrière

Ministre fédéral depuis 20 ans, vice-Premier ministre depuis 15 ans, M. Reynders a jusqu’ici exercé les compétences des Finances, des Affaires étrangères et européennes, ainsi que de la Défense. Jamais encore la Justice, pour ce juriste de formation qui baigne familialement parmi les magistrats, ce qui a pu lui bloquer l’accès à un tel portefeuille. “Ce n’est plus le cas maintenant”, a-t-il commenté. Deux de ses proches sont désormais magistrates honoraires.

“Sous la direction” de Vera Jourova

Quelles seront ses relations avec la future vice-présidente Jourova, à qui Mme Von der Leyen a confié la charge des Valeurs et de la Transparence ? La lettre de mission de la Tchèque stipule notamment qu’elle devra “coordonner le travail de la Commission sur le renforcement de l'État de droit, en travaillant étroitement avec le commissaire à la Justice”. Celle de M. Reynders précise qu’il travaillera “sous la direction” de Mme Jourova.

Collaboration entre commissaires

“La Commission travaillera par ‘clusters’, c’est-à-dire que plusieurs commissaires se réuniront sur certaines matières”, explique M. Reynders. “Par exemple sur l'État de droit, nous nous concerterons avec Mme Jourova mais aussi avec d’autres commissaires”. On pense par exemple à la Croate Dubravka Suica, vice-présidente en charge de la Démocratie et de la démographie.

Le remplacement du candidat-commissaire au sein du gouvernement fédéral pourrait n’intervenir qu’au terme de la procédure parlementaire.