Plein écran
© Capture d'écran

Dix ans après, de nouvelles images de paras belges pris dans une embuscade en Afghanistan

 Le site paracommando.com a publié samedi des images en bonne partie inédites d'une embuscade dans laquelle étaient tombés, voici dix ans jour pour jour, des militaires belges accompagnant une compagnie de l'armée afghane dans les environs de Kunduz (nord de l'Afghanistan) dans le cadre d’une opération de l’Otan.

Les combats avec de présumés insurgés talibans avaient duré quatre heures, ponctués de survols d'avions de combat américains, et fait deux à trois morts, selon les sources, dans les rangs afghans et quatre tués parmi les talibans.


La VRT-télévision avait diffusé des images de cet accrochage sérieux des mois plus tard, en octobre 2010. Le ministre de la Défense de l'époque, Pieter De Crem, avait alors contesté le caractère inédit de ces images, réalisées par des militaires du 3ème bataillon parachutiste de Tielen, pris sous le feu.

Aucun blessé

Le 15 juin 2009, une équipe d'instructeurs baptisée "Operational Mentoring and Liaison Team" (OMLT) opérant près de Tepa Borida, dans la province de Kunduz, aux côtés de troupes de l'armée nationale afghane (ANA), était tombée dans une embuscade "bien coordonnée" d'insurgés. Aucun Belge n'avait toutefois été blessé, à l'exception d'un oeil poché, selon la version officielle.

Le site paracommando.com a mis en ligne samedi 13 minutes et vingt secondes de vidéos - une "compilation avec davantage d'images, jamais rendues publiques" - montrant l'intensité des combats, avec le bruit des balles tirés par les insurgés, à la limite d’un village afghan non identifié.

Les militaires belges, qui opéraient dans le cadre de la force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf, dirigée par l’Otan) en compagnie d’Américains, avaient fait appel à un appui aérien rapproché (“Close Air Support”, CAS en jargon) et les images montrent au moins un F-15 américain survoler les lieux à basse altitude à plusieurs reprises.

Renforts

La version du ministère de la Défense indiquait, le 16 juin 2009, que la colonne impliquée dans cette embuscade a demandé le renfort d’avions de combat - d’abord des F-15 américains qui ont tiré au canon, puis des A-10 ayant largué des roquettes - et de troupes au sol. Les premiers renforts ont été fournis par une force de réaction rapide (QRF) afghane provenant du bataillon afghan “coaché” par les Belges et d’autres membres de l’OLMT. Eux aussi ont été attaqués, entraînant l’intervention d’une autre force, l’IRF (“Immediate Reaction Force”) de l’armée allemande, présente à l’époque en nombre dans la région.

Cette IRF avait sécurisé la zone, permettant aux trois pelotons de l’ANA et à leurs instructeurs belges de regagner leur cantonnement de Kunduz après quatre heures d’affrontements, d’après la Défense.

Selon les images diffusées par paracommando.com, un des militaires belges ordonne l’annulation d’une frappe aérienne lorsqu’il apparaît que l’avion de combat américain entame son attaque selon un angle qui met les troupes belges et afghane dans sa ligne de tir.

La vidéo montre aussi comment des militaires afghans tentent d’évacuer un de leur blessé grave en sécurité, sous la protection de véhicules blindés belges, des MPPV (Multi Purpose Protected Vehicles) de type “Dingo-2".