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Elle meurt d'une glissade dans son bain en attrapant son GSM

Une jeune femme de Roksem, en Flandre occidentale, est décédée d'une chute dans son bain. Sa mère a essayé de la réanimer, en vain. "Tout l'espoir était perdu. Alors nous avons décidé de donner ses organes. Comme ça elle vit un peu encore, dans quelqu'un d'autre".

"Personne ne sait nous dire ce qui s'est réellement passé, seule Lisa-Marie le sait". Les proches de la Flamande de 20 ans sont stupéfaits de ce coup du sort qui a ôté la vie à Lisa-Marie Vangeluwe en quelques minutes jeudi. C'est la mère de la jeune femme qui l'a retrouvée inanimée jeudi midi dans son bain. D'après les premières constatations, il semble que la victime, qui était plâtrée depuis quelques semaines, a glissé et s'est claqué la tête juste au niveau de la tempe alors qu'elle tentait d'attraper son téléphone portable. Inconsciente suite au choc, elle aurait glissé dans l'eau et se serait noyée.

Ses parents racontent au Laatste Nieuws leur incrédulité et leur douleur après l'avoir découverte. "Quelques minutes avant d'aller dans le bain, elle m'avait encore appelée", raconte au Laatste Nieuws Agna Goethals avec un sanglot dans la voix. "Maman, tu fermes la porte?", m'a-t-elle demandé. "Je l'ai fait avec le sourire. Vous ne pouviez rien refuser à Lisa-Marie. Immédiatement après, je suis sortie faire une course. Pas loin. Et dix minutes plus tard, peut-être moins, j'étais de retour à la maison. Et c'est précisément dans ce court laps de temps que Lisa-Marie est tombée et s'est noyée (trois à sept minutes suffisent pour perdre la vie dans un bain, ndlr). Surréaliste. Les jours d'après, je me suis sentie tellement coupable. Et si j'étais restée à la maison? Et pourquoi ne suis-je pas rentrée plus encore plus vite? Aurais-je pu éviter la mort de ma fille? Ces questions me hantaient constamment".

"Je l'ai giflée, sûre que ça la réveillerait"
"Finalement vous réalisez, après plusieurs discussions et une longue réflexion, que ce n'est pas votre faute", conclut la mère de la victime. "Qu'aurais-je pu faire de plus? Quelle mère reste continuellement auprès de sa fille de 20 ans lorsqu'elle prend un bain? Vous savez, peu après être rentrée, j'ai déjà senti que quelque chose s'était passé. Je suis rentrée!, ai-je crié. Normalement, Lisa-Marie répond toujours. Pas cette fois. Bizarre, me suis-je dit. Mais bon, vous ne pensez pas immédiatement au pire".

Agna Goethals s'est tout de même dirigée vers la salle de bain. Juste pour être sûre que tout allait bien. Lorsqu'elle a ouvert la porte, elle a vu sa fille, le visage à peine recouvert d'eau. "Elle est en train de se noyer!, ai-je d'abord pensé. Mais Lisa-Marie ne réagissait pas et restait inconsciente. "Qu'est-ce que tu fais enfin? Réveille-toi!, lui ai-je hurlé. Je l'ai même giflée, sûre que cela la réveillerait. Mais ça n'est plus jamais arrivé".

"On l'a perdue, Guido"
En panique, la mère alerte les secours. Les urgentistes la guident par téléphone pour réanimer sa fille, en attendant l'arrivée des médecins et de l'ambulance. "Ma voisine a couru me venir en aide, nous avons tout tenté ensemble pour sauver la vie de ma fille", explique Agna Goethals. "Durant le massage cardiaque, de l'eau est sortie de sa bouche. Encourageant, pensions-nous. Mais j'ai quand même appelé mon mari dès l'arrivée des secours: Nous venons de perdre notre fille Guido. Je la voyais, là, gisant et toute bleue. Cela ne s'arrangerait plus. Ce n'est que lorsque les docteurs ont à nouveau senti un pouls que l'espoir est brièvement revenu".

A l'hôpital, la triste réalité a rattrapé les parents. "Madame, avez-vous déjà songé au don d'organes?", ont demandé les médecins. Là vous savez que ce n'est pas bon", poursuit la mère. "Vingt-cinq minutes plus tard, Lisa-Marie était déclarée en état de mort cérébrale. Il n'y avait plus aucune chance qu'elle se réveille un jour". Sans douter un seul instant, les parents ont choisi de faire don des organes de leur enfant. "De cette manière, Lisa-Marie vit encore un peu, dans une autre personne, et sa mort n'a pas servi à rien", résume son père.

Carpe diem
"Notre fille était une personne fantastique", raconte encore ce dernier. "Toujours enthousiaste et énergique. Carpe diem était sa devise. Elle suivait toujours son coeur et papotait tout le temps. Et elle était si attentionnée. Elle travaillait dans une maison de repos de Bredene depuis un an et le faisait avec tout son coeur. Pff, on a tellement de questions. Pourquoi fallait-il que cela lui arrive à elle? A-t-elle souffert? Des questions auxquelles nous n'auront jamais de réponse. Il est tellement difficile de comprendre que notre fille n'est plus. Mais même si elle a disparu à 20 ans seulement, elle avait déjà eu une très belle vie. Nous nous souviendrons toujours d'elle comme d'une fille très vivante".

Les proches de Lisa-Marie Vangeluwe lui rendront un dernier hommage samedi à dix heures à l'église de Roksem. Les cendres de la jeune femme seront conservées par ses parents dans la maison familiale.