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Le bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode et député fédéral Emir Kir (PS).  © photo_news

Emir Kir sur sa rencontre avec deux maires turcs d’extrême droite: “Je ne le referais plus”

Le bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode a reconnu ce mardi à nos confrères du Soir “regretter formellement” sa rencontre avec une délégation de maires turcs d’extrême droite à la maison communale. C’est la première fois que M. Kir s’exprime sur le fond de cette affaire qui agite depuis plusieurs semaines le PS bruxellois. 

“Je constate le malaise que tout cela suscite dans l’opinion publique. Peut-être que, dès le départ, j’aurais dû être plus explicite sur cette visite. Je regrette mon manque de vigilance. J’ai fait confiance au fait que, comme la délégation des bourgmestres était accueillie par les institutions européennes, cela ne posait pas de problème. Pour moi, toutes les vérifications préalables avaient été faites par les institutions européennes. Mais, dès le départ, j’avais précisé que ce manque de vigilance se justifiait par le fait que le comité des Régions et les institutions européennes les accueillaient. Probablement que mon message n’a pas été assez relayé”, explique Emir Kir qui dit faire son “mea culpa”. “Je regrette formellement d’avoir accueilli cette délégation. Je ne le referais plus. Et mon engagement dans la lutte contre l’extrême droite n’a jamais été entaché de la moindre exception”, fait-il valoir au journal Le Soir. 

Dans la foulée de ces déclarations au Soir, le bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode, entendu lundi par les rapporteurs de la commission de vigilance de la fédération bruxelloise du PS, s’est également exprimé sur Twitter. 

“Vu l’émoi suscité par la visite de courtoisie de l’Union des villes turques et mon audition par les rapporteurs de la commission de vigilance de la fédération bruxelloise du PS, j’ai décidé de supprimer la publication sur les réseaux sociaux du 4 décembre dernier”, indique-t-il.

“Je réaffirme sans ambiguïté qu’il s’agissait d’une erreur d’appréciation de ma part. À l’avenir, je ferai preuve de plus de vigilance”, a-t-il répété. “Je redis mon attachement aux valeurs du PS et rappelle avec force ma condamnation de l’extrême droite sous toutes ses formes où que ce soit dans le monde.”

Emir Kir était amené à s’expliquer au sujet de sa rencontre avec deux maires turcs du MHP, un parti nationaliste considéré comme étant d’extrême droite et proche de l’organisation des Loups Gris, aux côtés de quatre autres maires turcs en marge d’une réunion à laquelle ceux-ci ont pris part au niveau européen.

La procédure interne au PS - menée dans une grande discrétion - n’est pas expéditive. Elle prévoit que M. Kir soit d’abord entendu par deux représentants de la commission, ce qui a été fait lundi. Ceux-ci doivent ensuite remettre un rapport. Et ce n’est qu’après cette étape que la commission est amenée à entendre l’intéressé. L’affaire a été révélée après la plainte d’un militant, Jérémie Tojerow.

Vervoort: “La communauté turque doit davantage s’ouvrir à la société bruxelloise”

À l’occasion de la présentation de ses bons vœux à la presse, le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort était interrogé au sujet de la polémique autour du bourgmestre de Saint-Josse. “En tant que membre du gouvernement bruxellois, j’ai toujours travaillé en bonne entente avec Emir Kir comme bourgmestre. Plus largement, cela reste un travail collectif de la société turque qui doit s’ouvrir à la société bruxelloise. Cela ne se résume pas à Emir Kir”, a-t-il répondu, se refusant une nouvelle fois à tout commentaire sur la responsabilité individuelle de M. Kir.