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F-35: la Belgique a bien souhaité recourir à la technologie "furtive"

La Belgique s'est bien engagée, dès 2013, auprès de l'Otan à améliorer la capacité de ses avions de combat à éliminer les défenses anti-aériennes ennemies, en recourant notamment à la technologie "furtive", selon un document publié mercredi par la RTBF. Elle cite le député Benoît Hellings, qui estime que cette dernière caractéristique a influencé le choix du F-35 américain pour succéder aux F-16.

"La Belgique s'est engagée sur le marché du remplacement des F-16 en se basant sur des capacités fixées par l'Otan, à savoir être furtif, des capacités qui n'étaient connues que par les ministres de l'Otan", a dénoncé le député écologiste.

Un document secret révélé
"On nous a toujours promis une procédure ouverte et transparente, mais il apparaît aujourd'hui que ce n'était ni ouvert, ni transparent. Puisque une partie du marché (du remplacement) des F-16 a été basée sur des informations contenues dans un document secret de l'Otan qui m'est parvenu grâce à un vent favorable", a-t-il ajouté.

Les objectifs en terme de capacité
La RTBF a publié sur son site internet un fac-similé du document "à diffusion restreinte" sur les "objectifs en terme de capacités" demandés à la Belgique. L'Otan lui demande de se doter d'ici début 2025 d'une capacité de "suppression des défenses anti-aériennes ennemies" (en jargon "Suppression of Enemy Air Defences", SEAD) avec des munitions guidées de précision (PGM) et "de la technologie furtive".

Une "bulle de protection"
L'hebdomadaire 'Knack' avait révélé l'existence de ce document en octobre, soulignant que la Belgique avait accepté dès mai-juin 2013 (le ministre de la Défense était à l'époque Pieter De Crem (CD&V), un ardent partisan du F-35 américain) un "objectif" de la part de l'Otan prévoyant de se doter d'une flotte de 54 avions de combat, dont dix dotés d'une capacité SEAD. Ce qui impose de pénétrer dans un espace aérien fortement défendu, une sorte de "bulle de protection" que les militaires qualifient d'"Anti-acces anti denial" (ou A2AD).

Or, les avions furtifs ont de meilleurs chances de survie dans un tel environnement.

Selon le magazine, cet objectif a reçu l'approbation politique lors de la réunion des ministres de la Défense alliés de juin 2013.

Un appel d'offre "taillé sur mesure"
Selon 'Knack', l'appel d'offres lancé en mars 2017 par le gouvernement Michel 1er pour trouver un successeur aux F-16 était dès lors taillé sur mesure pour l'appareil du groupe Lockheed Martin - bien que des mots comme "furtivité" ou "nucléaire", une capacité souhaitée pour le nouvel appareil, ne figure pas explicitement dans le cahier des charges (le "Request for Government Proposal", RfGP) publié par le ministère de la Défense.

Pour le député, la furtivité comptait, dans le cahier des charges de l'appel d'offre belge, pour 21% des points qui servaient à départager le F-35 de l'Eurofighter Tyhoon européen, son (dernier) concurrent.

"Sur le critère de la furtivité, le F-35 s'est donc avéré trois fois plus performant puisqu'il est le seul à avoir les quatre dimensions de la furtivité, les autres concurrents du F-35 n'ont que des éléments de furtivité mais pas l'entièreté", a indiqué M. Hellings.

Selon lui, la furtivité recouvre "quatre paramètres essentiels": la forme de l'avion, les matériaux de l'avion, la capacité de mettre des bombes en soute - et non pas l'extérieur comme la plupart des chasseurs-bombardiers- et une capacité technique, logicielle de pouvoir détecter les défenses aériennes ennemies. "Le seul qui offre ces quatre capacités de la furtivité et bien c'est le F-35", a insisté le député Ecolo.