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Theo Francken et Pierre-Yves Jeholet © belga

Fedasil et le Forem s'entendent pour l'intégration des demandeurs d'asile

Le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA) et le nouveau ministre wallon de l'Emploi Pierre-Yves Jeholet (MR) ont signé mardi un accord de collaboration pour favoriser l'insertion socio-professionnelle des demandeurs d'asile. L'occasion aussi de donner un "signal" en termes de coopération entre le gouvernement fédéral et la Région wallonne.

L'accord de collaboration signé par les deux hommes au centre d'accueil de Rixensart doit permettre d'intensifier la présence du Forem dans les 18 centres Fedasil en Wallonie. Des séances d'informations seront notamment organisées pour les demandeurs d'asile. Le Forem apportera également son expertise en matière d'accompagnement sur le marché du travail.

Une telle collaboration a été entamée en octobre 2016 avec l'agence flamande de l'emploi, le VDAB, ce qui a permis d'offrir un trajet d'accompagnement (formations professionnelles ou coaching) à 656 demandeurs d'asile.

Des échanges existaient déjà entre Fedasil et le Forem, mais le nouvel accord permet de les officialiser, selon Pierre-Yves Jeholet.

Un chiffre qui "doit augmenter"
"L'objectif est de rapprocher les demandeurs d'asile qui ne trouvent pas d'emploi et les postes qui ne trouvent pas le profil adéquat", a indiqué Theo Francken. "Aujourd'hui, 20% des demandeurs d'asile de plus de 18 ans ont un emploi. Ce n'est pas assez. Ce chiffre doit absolument augmenter." Les résultats obtenus seront évalués, ont souligné les ministres, sans toutefois donner d'objectifs chiffrés.

Les migrants arrivés dernièrement en Belgique proviennent pour la plupart d'Afghanistan, d'Irak ou de Syrie et ne parlent pas le français. Or le taux d'acceptation des dossiers d'asile pour les Syriens est de 98%, a précisé le secrétaire d'État. Leur intégration est donc d'autant plus importante - tant pour eux que pour la société dans son ensemble - et cela passe par l'apprentissage de la langue et l'activation sur le marché du travail, a-t-il estimé.

Le but est de parvenir à accord similaire avec la Région bruxelloise et Actiris, a ajouté M. Francken.

La rencontre de mardi était aussi l'occasion de mettre à l'honneur les partenariats possibles entre fédéral et Région wallonne, quelques semaines après l'entrée en fonction de la nouvelle majorité MR-cdH en Wallonie. "Il y aura d'autres synergies", a affirmé Pierre-Yves Jeholet. "Nous poursuivons les mêmes objectifs en termes d'intégration et d'emploi. La première chose à faire est de renforcer les collaborations."

En Belgique, les demandeurs d'asile ont accès au marché du travail 4 mois après avoir introduit leur dossier. Le permis de travail est alors valable jusqu'à la décision de l'Office des étrangers. Si une personne obtient le statut de réfugié, elle peut alors continuer à travailler au même titre qu'un citoyen belge.

Au total, 19.000 personnes sont actuellement logées dans les 62 centres collectifs gérés par Fedasil, mais aussi la Croix-Rouge ou Caritas. Fin juillet, 1.028 demandeurs d'asile avaient une activité professionnelle.