Florence, 20 ans, observe des comportements inciviques dans le supermarché Delhaize dans lequel elle travaille.
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Florence, 20 ans, observe des comportements inciviques dans le supermarché Delhaize dans lequel elle travaille. © Florence Swartwaeger.

Florence témoigne de comportements inciviques dans un supermarché: “Des gens se servent dans le chariot d’autres personnes”

Florence Swartwaeger, 20 ans, réside à Rixensart et travaille depuis trois ans et demi en tant qu’étudiante au supermarché Delhaize de Genval. Sur Facebook, elle livre un témoignage édifiant sur les pratiques qu’elle a pu y observer récemment ou qui lui ont été rapportées. “La semaine passée, j’y ai travaillé du lundi au vendredi. J’ai donc eu l’occasion de voir pas mal de comportements complètement irrationnels, non-civiques, imprudents et inconscients”, écrit la jeune femme avant de les lister. Nous vous retranscrivons ici son témoignage, avec son aimable autorisation.

Alors qu’ai-je vu/ subi/ entendu?

- Des gens venant faire leurs courses avec leurs 3 enfants “parce qu’il faut bien les occuper pendant le confinement!”.

Le supermarché n’est pas un terrain de jeu ni une sortie contre l’ennui ni un moyen d’occuper des enfants, c’est un établissement dont le fonctionnement est en ce moment primordial pour que chacun.e puisse s’alimenter correctement.

- Des gens venant faire des courses chaque jour/ plusieurs fois par jour pour leurs repas quotidiens ou pour acheter sa petite bouteille de coca (avec enfants le plus souvent).

À chaque entrée dans le magasin, vous mettez potentiellement en péril la vie des clients, celle du personnel y travaillant mais aussi la vôtre. Faire ses courses une à deux fois par semaine est AMPLEMENT SUFFISANT et c’est aussi le meilleur moyen pour éviter la propagation du virus.

- Des gens négligeant les distances de sécurité ou les règles d’hygiènes.

Je ne suis pas scientifique, mais quand on entend les différents spécialistes dire 24/7 qu’il faut se tenir à une distance d’1,5m les uns des autres, ce n’est pas pour rien. Respectez cela. D’ailleurs cela est répété en boucle dans le Delhaize, donc vous n’avez pas d’excuse. Cela vaut tant pour les clients entre eux, que les clients envers le personnel du magasin.

PS: l’argent est très souvent « SALE », le cash n’est donc pas autorisé pour la simple et bonne raison que c’est un vecteur de transmission du virus. Si vous mettez 5€ dans la machine à billets et que ce billet est infecté par le virus, ces mêmes 5€ seront retournés à quelqu’un d’autre, propageant ainsi le virus de manière indirecte et infinie entre les gens. Merci de payer par carte, le bancontact est d’ailleurs régulièrement nettoyé par les caissières, de même pour les caddies.

- Des personnes portant différents moyens de se protéger du virus quand bon leur semble et de la mauvaise manière.

Un masque de protection a un SENS. Si vous choisissez d’en porter un, respectez ceci:

1) mettez-le dans le bon sens. Si vous le mettez à l’envers, vous le gaspillez littéralement, je vous rappelle que le pays est en pénurie de ce type de masques que vous vous arrachez comme des sagouins (le plus souvent à tort d’ailleurs).

2) mettez-le de manière continue. Il ne sert à rien de le mettre, l’enlever deux minutes parce qu’«il fait étouffant là-dessous », le remettre etc.

Pareil pour les gants, se curer le nez et puis toucher le bancontact n’est pas optimal, vous en conviendrez.

- Des gens se servir dans le caddy d’autres personnes.

J’ai entendu des clients se dire entre eux (ou des clients me le rapportant) qu’un de leurs articles avait disparu alors qu’ils tournaient le dos.

Alors vous, j’ai pas les mots, vous êtes à vomir. Ce n’est pas du vol, mais c’est vraiment une preuve d’incivisme incroyable. Prendre un article dans le caddy d’un autre parce que vous pensez que vous en ferez meilleur usage que lui/elle, prendre un article car « vous avez des enfants et il me faut les nourrir avec cela et pas autre chose »,... c’est tout simplement honteux dans ces temps où l’on fait appel chaque jour au bon sens et à la solidarité de chacun. De plus, peut-être que cet article était contaminé par le virus, vous ne pouvez le savoir.

Elle poursuit:

“Voilà, merci de m’avoir lue et j’espère que vous vous remettrez en question si vous agissiez de l’une des manières que je viens d’énoncer.

Je tiens néanmoins à remercier du fond du cœur les clients nous disant « merci de continuer de travailler », « courage! »,... ou en nous demandant comment nous allons, cela nous donne du courage et de la force pour affronter les comportements primitifs de certains autres et cela égaie nos journées parfois éprouvantes. Vous êtes les meilleurs, ne changez pas.”

Florence conclut son témoignage en souhaitant courage “à toutes les personnes continuant de travailler pendant cette crise” et en précisant que “les magasins sont réapprovisionnés aussi souvent que possible, laissez-nous le temps de mettre en rayon et empêchez les imbéciles de se sur-stocker et le magasin aura à nouveau une allure normale!”. À bon entendeur...

  1. Qader, réfugié afghan, fabrique des masques: “Je veux donner en échange de toute l’aide que je reçois ici en Belgique”
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    Du matin au soir, Mohammad Qader Mohammadi, 42 ans, est assis derrière sa machine à coudre pour fabriquer des masques buccaux pour le personnel soignant. Qader a fui son pays natal, l’Afghanistan, il y a plus de dix ans. Durant cette crise sanitaire, il souhaite rendre service à la Belgique qui l’a aidée. “Je suis diabétique, donc j’appartiens moi-même au groupe à risque, mais je sais combien il est important de bien vous protéger”, confie-t-il.