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Geert Bourgeois (d) et Charles Michel (g) en juin 2016. © belga

Geert Bourgeois rejette les ambitions climatiques de Charles Michel

Le ministre-président flamand, Geert Bourgeois (N-VA), a exprimé un vif mécontentement face à la volonté affichée par le Premier ministre Charles Michel, rejoignant sept autres dirigeants européens, de faire de l'Union européenne une "société climatiquement neutre" d'ici 2050, un objectif plus ambitieux que celui convenu en Belgique, rapporte vendredi le journal 'De Standaard'.

Les dirigeants de huit pays de l'UE (Belgique, Danemark, Espagne, France, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Suède et Lettonie) ont lancé un appel commun à l'occasion du sommet européen qui s'est tenu jeudi à Sibiu (Roumanie) pour "agir maintenant" contre le réchauffement climatique.

"Du fait de son importance fondamentale pour l'avenir de l'Europe, comme défi et comme opportunité, la lutte contre le changement climatique doit être la clef de voute de l'agenda stratégique européen pour la période 2019-2024", affirme le texte signé par ces dirigeants. Il appelle l'UE à respecter l'objectif "d'atteindre zéro émission de gaz à effet de serre net d'ici 2050 au plus tard" en proposant d'inscrire cette ambition à l'ordre du jour du sommet européen de fin juin à Bruxelles.

Citation

"Ce n'est pas à un gouverne­ment en affaires courantes d'engager les prochains gouverne­ments avec ces engage­ments importants ayant de lourdes conséquen­ces, sans la moindre concertati­on avec les entités fédérées les plus importan­tes"

Geert Bourgeois, ministre-président flamand (N-VA)

Mais ce militantisme climatique de la part du Premier ministre démissionnaire Charles Michel a été mal pris par M. Bourgeois, qui est également tête de liste N-VA pour les élections européennes du 26 mai. 

Geert Bourgeois fustige le jeu en solo de Charles Michel
"Ce n'est pas à un gouvernement en affaires courantes d'engager les prochains gouvernements avec ces engagements importants ayant de lourdes conséquences, sans la moindre concertation avec les entités fédérées les plus importantes", a souligné le ministre-président flamand sortant. 

Selon M. Bourgeois, M. Michel ne disposait pas de mandat pour prendre une telle position. Par l'intermédiaire du 'Standaard', M. Michel (MR) a répliqué qu'il disposait du soutien du gouvernement fédéral et du parlement, qui approuvé en fin d'année dernière, après la démission des ministres de la N-VA, une résolution appelant au renforcement des objectifs climatiques.

Le Premier ministre a ajouté qu'il avait signalé, dans une lettre distincte, aux huit autres dirigeants européens que la Belgique, avec son gouvernement en affaires courantes, ne pouvait accepter des engagements juridiquement contraignants.