Grève de la faim de sans-papiers latino-américains à Ixelles

Cinq sans-papiers latino-américains ont entamé lundi, à partir de 16H00, une grève de la faim à durée illimitée à la Maison de l'Amérique latine, située rue du Collège à Ixelles, a-t-on appris lors d'un point presse. D'autres ressortissants latino-méricains pourraient rejoindre dans leur action les trois hommes de nationalité équatorienne, bolivienne et brésilienne et les deux femmes originaires du Chili et du Pérou.

Les grévistes de la faim n'ont pas attendu la circulaire sur la régularisation des sans-papiers qui avait été annoncée par la ministre de la politique d'asile et de la migration Annemie Turtelboom pour le 20 mai ou au plus tard début juin. Les grévistes de la faim estiment que les clandestins, qui représentent selon eux une majorité des sans-papiers latino-américains en Belgique, n'entreront pas dans les critères de régularisation de la future circulaire.

"La majorité des latino-américains n'ont pas introduit de dossier de demande en Belgique mais sont bien intégrés. La plupart parlent au moins une langue nationale belge. Beaucoup travaillent dans la construction ou comme femmes de ménage. Mais même si la promesse d'un contrat de travail devait être retenu comme critère de régularisation, notre situation resterait précaire", a expliqué Cesar Briones, un porte-parole du comité latino-américain de la Coordination nationale des sans-papiers. "Il est très difficile pour nous de décrocher un contrat de travail. Sur les 600 membre de la coordination, à peine une vingtaine ont un contrat de travail. Et nous risquons de dépendre totalement des patrons avec un permis B, qui est limité dans le temps", a-t-il ajouté.

"Le permis de séjour est conditionné à l'octroi du permis de travail. Nous demandons à ce qu'on applique le principe inverse. Il faut pouvoir garantir aux travailleurs une durée de séjour pour qu"ils puissent le cas échéant changer d'employeur et ne pas dépendre du bon vouloir d'un seul. Nous demandons au moins le respect de l'accord gouvernemental qui cite le travail, l'intégration, et la longueur de la procédure comme critères de régularisations mais nous ne sommes pas optimistes. La note et les différentes prises de position de la ministre Turtelboom sont en retrait par rapport à l'accord gouvernemental", a indiqué Oscar Florès, porte-parole de la Coordination contre les rafles, les expulsions et pour la régularisation (CRER).

Une cinquantaine de sans-papiers latino-américains occupent la Maison de l'Amérique latine depuis jeudi. A l'église du Béguinage à Bruxelles, 170 sans-papiers, dont une vingtaine de femmes, mènent une grève de la faim depuis le 8 mai. Quelque 25 occupants de l'église Saint-Curé d'Ars à Forest ont entamé un jeûne depuis une semaine et deux d'entre eux ont été emmenés à l'hôpital. Les différents grévistes de la faim se disent solidaires les uns vis-à-vis des autres. (belga)