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Grève pour les droits des femmes: "L'égalité n'est clairement pas une réalité"

Ce vendredi 8 mars, la Belgique va connaître une première: une grève totale pour défendre les droits des femmes. En cette Journée internationale des droits de la femme, le Collecti.e.f 8 mars, qui rassemble autour de mêmes revendications différents syndicats et associations, a lancé cet appel à la grève afin de montrer que, sans les femmes, le monde s'arrête.

Ca y est, le moment est arrivé: c'est le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. L'occasion de mettre en évidence les inégalités et discriminations subies au quotidien, et non pas d'offrir des fleurs.

Un geste fort
"Nous avons opté pour l'outil de la grève parce que c'est quelque chose de fort d'arrêter le travail. Ca permet de montrer où les femmes sont nécessaires", explique Ruth Paluku-Atoka, membre du collectif. Ce dernier appelle les femmes à arrêter le travail mais aussi à la grève du soin aux autres, la grève de la consommation ou la grève étudiante. "Nous avons voulu inclure un maximum de personnes (...) afin de se battre pour les droits de toutes les femmes, dans leur pluralité", souligne-t-elle.

"L'égalité entre les hommes et les femmes n'est clairement pas une réalité", insiste cette activiste. "Beaucoup de choses ne répondent pas à nos attentes. Par exemple, en tant que femme noire, je vais être confrontée à des difficultés à trouver du travail. Ou alors j'aurai un travail à temps partiel mais qui ne me suffit pas. Je devrai peut-être jongler avec plusieurs jobs", témoigne-t-elle.

Inspirée de l'Espagne
Cette première grève est notamment inspirée de celle organisée l'an dernier en Espagne et qui avait rencontré un franc succès. "En Belgique et à l'international, on constate une réelle prise en considération de l'importance de cette journée (du 8 mars)", estime Tania Van Hemelryck, conseillère en politique de genres auprès du recteur de l'Université catholique de Louvain (UCLouvain). Des avancées ont été engrangées mais l'égalité n'est pas encore atteinte. "Il y a encore beaucoup de choses à faire, notamment en termes de lutte contre toute forme de violence, contre le sexisme ordinaire, contre le paternalisme bienveillant", détaille-t-elle.

Cette conseillère en genre souligne que l'information et la sensibilisation aux droits des femmes doit aller bien au-delà de la journée du 8 mars. "La majorité de la population n'est pas assez sensibilisée aux discriminations dont sont victimes les femmes. Par exemple, beaucoup ne perçoivent pas la gravité d'appeler un féminicide un 'drame conjugal'. Tuer une femme, c'est un féminicide, ce n'est pas un drame", martèle Mme Hemelryck.

À ce propos, l'ONG Amnesty International lancera d'ailleurs une pétition ce vendredi "appelant la Belgique à mieux respecter ses obligations liées à la Convention d'Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, qu'elle a signée puis ratifiée en 2016".

"Du pain sur la planche"
Mme Hemelryck évoque également la "charge mentale invisible qui repose sur les femmes et que la société a intégrée. La femme reste en charge des soins, de la préparation des repas, des courses..."

Faire grève permet de "symboliquement faire prendre conscience aux femmes de tout ce qu'elles font ou de tout ce qu'on les empêche de faire. Il existe un manque de prise de conscience aussi chez les femmes", selon la conseillère en genre de l'UCLouvain. "Se rendre compte qu'il reste du pain sur la planche, ne pas se dire que tout va bien, c'est déjà une étape", souligne-t-elle.

Le Collecti.e.f sera installé au Carrefour de l'Europe, dans le centre de Bruxelles, entre 9h00 et 17h00. À 14h00, il demandera de faire du bruit "pour faire entendre la voix des femmes". Une manifestation démarrera à 17h00.