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Hommage aux 22 victimes belges du génocide rwandais

VideoLe Premier ministre Elio Di Rupo a salué dimanche matin la mémoire des victimes belges, mais également rwandaises, du génocide de 1994 au Rwanda, devant les familles des 22 militaires et des civils belges qui ont perdu la vie dans ce drame, avant leur départ pour Kigali en compagnie d'une délégation ministérielle belge.

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Au total, dix Casques bleus qui servaient au sein de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (Minuar) et douze civils sont décédés lors du génocide de 1994 au Rwanda, qui a également fait en trois mois quelque 800.000 morts, selon l'ONU, principalement des membres de la minorité tutsi, mais aussi des Hutu modérés.

M. Di Rupo a, au nom du gouvernement, exprimé sa "profonde solidarité" envers les familles des victimes", lors d'un discours prononcé à l'aéroport militaire de Melsbroek.

"Ils ont payé très cher leur dévouement et leur générosité", a-t-il ajouté en soulignant que le gouvernement tenait à perpétuer leur souvenir et leur courage.

"Vous avez perdu un fils, un mari, une épouse, une s?ur ou un père. Suite à cette tragédie, vous avez dû apprendre à vivre sans sa présence", a poursuivi le chef du gouvernement.

"Ce voyage éprouvant au Rwanda vous permettra à nouveau de rendre hommage aux disparus. Vous allez voir ou revoir des lieux qui furent leur dernière destination", a-t-il ajouté.

Selon M. Di Rupo, ce voyage doit être une occasion solennelle d'affirmer le caractère imprescriptible des crimes commis.

La traque "ne s'arrêtera pas"
Il a par ailleurs affirmé que la traque des "responsables et acteurs" du génocide rwandais par les justices rwandaise, belge et internationale "ne s'arrêtera pas". "Ils doivent rendre des comptes. Ils vous doivent des comptes", a lancé le Premier ministre.

"Nous devons également avoir le courage de reconnaître les erreurs du passé et d'en tirer toutes les leçons", a-t-il encore dit en rappelant que le gouvernement belge, sous son prédécesseur Guy Verhofstadt - qui était également présent à Melsbroek dimanche matin -, et le Parlement belge l'ont fait.

Le Sénat a mené une longue enquête sur les événements du Rwanda et M. Verhofstadt était allé présenter le 7 avril 2000 les "excuses" de la Belgique pour les erreurs commises.

Les familles devaient s'envoler ensuite pour Kigali avec la délégation officielle belge conduite par les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, Didier Reynders et Jean-Pascal Labille, pour assister sur place aux cérémonies de commémoration du 20ème anniversaire du génocide rwandais.

M. Di Rupo et son ministre de la Défense, Pieter De Crem, participeront pour leur part à la cérémonie de commémoration à l'occasion de la journée d'hommage aux soldats belges morts au service de la paix, qui se déroulera lundi à 11h00 à la tombe du Soldat inconnu à Bruxelles.

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Paul Kagame, président du Rwanda © reuters

M. Reynders a par ailleurs défendu la décision du gouvernement belge de maintenir sa visite à Kigali alors que la France a décidé samedi d'annuler sa participation aux commémorations du 20ème anniversaire du génocide, après une nouvelle charge du président rwandais Paul Kagame accusant Paris d'avoir "participé" aux massacres de 1994.

Reynders comprend la réaction de la France
"M. Kagame ne nous met pas en cause pour la participation à l'exécution du génocide. Je comprends que la réaction en France soit plus dure parce c'est une mise en cause de l'armée française et des militaires français en prétendant qu'ils ont participé à la mise en oeuvre du génocide. La situation est très différente", a commenté le chef de la diplomatie belge en rappelant les démarches menées en Belgique.

"Nous allons accompagner des familles de victimes à Kigali et l'objectif c'est de rendre hommage à l'ensemble des victimes du génocide" - qu'elles soient belges ou rwandaises -, a souligné M. Reynders. "Il ne s'agit pas du tout d'aller rendre hommage à un président ou à son gouvernement", a-t-il dit à l'agence Belga.