Luc Schreppers
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Luc Schreppers © RV

Il parcourt six kilomètres à pied en quittant l’hôpital: “Les taxis ne voulaient pas venir me chercher”

WaregemLuc Schreppers (52 ans) a eu le droit à un voyage à pied de six kilomètres en quittant l’hôpital de Waregem vendredi soir, après avoir été diagnostiqué négatif au coronavirus. Aucun taxi n’a voulu le ramener chez lui. “Je ne suis absolument pas en colère contre l’hôpital qui a d’autres priorités. Je suis particulièrement déçu par les compagnies de taxi”, explique-t-il à HLN.

Tout a commencé mercredi dernier. Luc commence à avoir des difficultés cardiaques et de l’hypertension artérielle. “Dès le vendredi, c’est devenu intenable et j’ai appelé mon médecin. Il m’a dit d’appeler une ambulance immédiatement”, témoigne-t-il. Luc est amené à l’hôpital Notre-Dame de Lourdes de Waregem. Toutes les pistes sont alors envisagées. Luc doit se rendre dans une unité spécialement dédiée au coronavirus. “J’étais un peu essoufflé et j’avais mal à la gorge, alors les médecins n’ont voulu prendre aucun risque. Ils voulaient vérifier l’état de mes poumons, pour voir s’il y avait vraiment une infection”, poursuit-il.

Après une heure ou deux dans le service, Luc a été diagnostiqué négatif au coronavirus. “C’était une situation très étrange. Le personnel médical a été super gentil. Cela a déjà l’air spécial à la télévision, mais quand il y a des gens à côté de votre lit habillés avec des combinaisons, vous avez l’impression d’être dans un film de science-fiction”, se souvient le quinquagénaire.

En pantoufles et dans le froid

Vers 22 heures, le médecin revient dans sa chambre pour l’informer que les examens passés, concernant son hypertension artérielle, étaient encourageants. “Il a estimé qu’il valait mieux que je rentre chez moi. J’avais moi-même l’impression que tout le monde était sur le pont à l’hôpital”, a-t-il constaté. Comme sa femme n’a pas de permis de conduire, l’hôpital a appelé un taxi. “Ma famille vit dans le Limbourg, ce n’était pas une option. Et appeler les voisins à minuit, c’était aussi hors de question. J’ai donc attendu longtemps et finalement, aucune entreprise de taxi ne voulait envoyer un chauffeur. Je ne comprends vraiment pas”, a-t-il regretté.

Minuit passé, Luc, lassé d’attendre inutilement, est obligé de faire 6 kilomètres à pied pour rentrer chez lui. Sans manteau ni chaussures. “J’avais un peu sous-estimé une telle distance, le tout avec mes pantoufles. Il faisait plutôt froid. En fait, j’espérais rencontrer la police pour qu’elle me ramène chez moi. Mais ce n’est pas arrivé”, relate Luc, qui souligne qu’il ne blâme pas l’hôpital. “Ils ne m’ont pas abandonné. Avec la crise du coronavirus, il y a d’autres priorités. Mais je suis en colère contre les compagnies de taxi. Si vous devez rentrer chez vous, vous n’êtes pas sur le point de mourir, n’est-ce pas? Sinon, l’hôpital ne vous laisserait pas partir”.