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Il y a 60 ans, l'Expo 58 et son "zoo humain"

Le 17 avril 1958 était inaugurée à Bruxelles l'Exposition universelle. Il y a soixante ans, l'Algérie était encore française, le Congo était encore belge et la propagande coloniale pensait encore avoir de beaux jours devant elle...

Organisée à Bruxelles du 17 avril au 19 octobre 1958, l'Exposition universelle fut le premier événement culturel majeur de l'après-guerre en Europe et accueillit au cours de ces six mois plus de 42 millions de visiteurs. À une époque où voyager était un luxe réservé à l'élite, la population nourrissait alors un vif sentiment de curiosité à l'égard des traditions et des coutumes étrangères. Et encore davantage quand il s'agissait du continent africain, souvent le plus "déroutant" aux yeux du Belge moyen de l'époque.

"Village nègre"
Dans un cadre caricatural, pour ne pas dire raciste, le pavillon congolais consistait en une sorte de "village nègre" et exposait ses représentants comme des "bêtes curieuses". Le dispositif ne présentait qu'une seule face de la colonisation: ses "aspects positifs" et, surtout, la suprématie européenne sur le peuple africain, confiait ce matin à la Première Maarten Couttenier, historien et anthropologue au musée Royal de l'Afrique centrale à Tervuren. 

"Zoo humain"
Des figurants en provenance du Congo devaient en effet reconstituer un village africain, une attraction pour les visiteurs: un modèle aux allures de "zoo humain" aujourd'hui inconcevable. Si l'intention de départ ne cherchait pas à ridiculiser et souffrait sans aucun doute de l'ignorance de son époque, cette mise en scène grotesque n'en était pas moins "aberrante", dénonce l'expert. 

Mais le pire était encore à venir... 

Jets de bananes
Face à ce "spectacle" d'un autre âge, certains visiteurs n'hésitèrent pas à jeter des... bananes aux acteurs. Confrontés à ces débordements inacceptables, les figurants insultés décidèrent tout simplement de quitter le pavillon, raconte la RTBF. Et c'est précisément là que réside le point positif de l'histoire: en 1958, les colonies vivaient en réalité leurs dernières heures et la contestation commençait alors à s'exprimer sans crainte. Deux ans plus tard, le Congo accédait à l'indépendance.

Racisme contemporain
Plus d'un demi-siècle plus tard, en 2014, le joueur brésilien de Barcelone Dani Alves ramassait sur la pelouse une banane lancée des tribunes par un supporter de Villareal. Si ce genre de manifestation hostile se fait plus rare ces dernières années, les insultes à caractère raciste inondent toujours les stades de foot et perturbent encore régulièrement le bon déroulement des rencontres.

Bref, le "zoo humain", c'est sans doute fini, mais le racisme est toujours là.

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