Plein écran
© Photo News

Incendie du centre d’asile de Bilzen: le parquet enquête sur des commentaires racistes sur les réseaux sociaux

Mise à jourÀ Grote-Spouwen, un village de 1.300 habitants situé dans le Limbourg, un incendie d’origine criminelle s’est déclaré dans un futur centre d’accueil pour les demandeurs d’asile. “Laisse-le brûler”, a crié un spectateur de l’incendie. Le parquet de Tongres a ouvert une enquête à la suite de commentaires racistes sur les réseaux sociaux. 

De nombreux habitants du village de Grote-Spouwen ont exprimé leur joie de voir le futur centre d’asile brûler ce dimanche. Une enquête est toujours en cours sur l’identité des responsables de l’incendie. Lors de l’intervention des pompiers, des témoins ont rapporté qu’une centaine de personnes regardaient le spectacle en criant “Laissez-les tous brûler”. 

Le parquet du Limbourg a ordonné à la zone de police locale d’enquêter sur certains commentaires diffusés sur les réseaux sociaux. “La police locale a été priée de préparer un rapport concernant de possibles violations de la loi anti-racisme et de la loi anti-discrimination. Les suspects éventuels devront toujours être identifiés”, a déclaré Dorien Vanderheiden, porte-parole du parquet du Limbourg.

Le parquet a ajouté que le screening de tous les forums n’était cependant pas possible. Les auteurs d’infractions risquent une peine d’un mois à un an de réclusion et des amendes pouvant aller jusqu’à 1.000 euros. Une procédure de médiation pénale peut également être lancée. 

Plein écran
Capture d'écran. © Facebook.
Plein écran
Capture d'écran. © Facebook.

“Une limite a été franchie”

Els et Jan Noé, les enfants du propriétaire du bâtiment, se disent consternés. Ils avaient organisé une journée portes ouvertes pour encourager le dialogue entre les habitants et les demandeurs d’asile mais l'accueil n’a pas été celui qu’ils espéraient. Le 15 décembre, 140 demandeurs d’asile devaient emménager dans l’ancienne maison de retraite.

Depuis l’ouverture du centre, des affiches ont été accrochées sur la clôture pour demander la fermeture des lieux. Une manifestation a été organisée et la propriétaire a été menacée. “Il y avait, pour la plupart, des gens du Vlaams Belang”, rapportent les propriétaires du bâtiment, se disant déçus des politiques, qui ne leur ont apporté aucun soutien. 

Plein écran
© Photo News

“Une limite a été franchie”, dit Jan Noé. “J’espère que les politiciens adopteront une position claire à ce sujet. Le feu est le résultat de la haine qu’ils sèment. Lors des dernières élections, le Vlaams Belang a remporté deux sièges à Bilzen. La N-VA en a perdu trois, mais en ce qui me concerne, c’est la même chose”. 

Plein écran
Manifestation du Vlaams Belang à Bilzen © Repro Birger Vandael

Fedasil veut quand même ouvrir le centre d’accueil de Bilzen

Fedasil, l’agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile, ouvrira le centre si cela est possible. Selon l’agence, le besoin en lieux d’accueil reste énorme. Une évaluation est menée pour déterminer si des mesures de surveillance supplémentaires sont nécessaires pour les nouveaux centres de Gand, Léau, Spa et Theux.

Il n’est pas encore certain que l’ancienne maison de repos puisse encore servir de centre d’accueil après l’incendie de dimanche soir. “Le but est bien d’utiliser ces locaux, si cela reste possible. On a d’urgence besoin de lieux d’accueils. Nous ouvrons des centres dans de nombreux endroits et nous recherchons toujours des emplacements où en ouvrir d’autres”, indique mardi la porte-parole adjointe de Fedasil, Lies Gilis.

Fedasil prévoit d’ouvrir prochainement de nouveaux centres à Gand, Léau, Spa et Theux. “Nous sommes pour l’instant en train de voir avec les bourgmestres concernés quelles mesures de surveillance peuvent être mises en œuvre. Nous sommes en contact avec le Centre de crise afin de déterminer ce qui est nécessaire au niveau national” explique Lies Gilis.

  1. “Les femmes ne veulent plus ouvrir les jambes”: le chirurgien misogyne poursuivi
    Play
    mise à jour

    “Les femmes ne veulent plus ouvrir les jambes”: le chirurgien misogyne poursuivi

    L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH) va se porter partie civile contre le chirurgien plasticien Jeff Hoeyberghs, dont les propos sexistes tenus lors d'une conférence du KVHV, une association étudiante flamande conservatrice, ont suscité l'indignation. "Les déclarations de Jeff Hoeyberghs incitent à la discrimination et à la haine contre les femmes. C'est la mission de l'institut d'intervenir", a fait savoir mercredi sa directrice adjointe, Liesbet Stevens. Le conseil social de l’université de Gand a quant à lui proposé la suspension provisoire du KVHV.