Inhalation des gaz de briquets : "Pas une tendance"

Bien que plusieurs faits d'inhalation de gaz de briquets aient fait l'actualité ces derniers jours, on ne peut toutefois pas vraiment parler d'une nouvelle tendance en matière d'assuétude, a indiqué jeudi Jean-Michel De Herde, psychologue au service consultation d'Infor-Drogues.

"Nous sommes très peu confrontés à ce type d'assuétude, les chiffres pour l'inhalation de solvants sont assez marginaux", a expliqué Jean-Michel De Herde. Ces solvants, inhalés par certaines personnes, se retrouvent dans beaucoup de produits que l'on trouve dans le commerce. Ce phénomène est donc moins visible car la vente de ces produits n'est pas illégale ou liée à des activités criminelles. Il s'agit de produits dont l'usage initial est détourné, explique le psychologue. Il y a quelques années le phénomène de jeunes qui sniffaient du Typex avait lui pris beaucoup d'ampleur, mais dans ce cas-ci cela semble être des cas isolés, ajoute-t-il.

Jean-Michel De Herde explique que l'inhalation de solvants, comme le gaz de briquet, provoque un effet psychotrope: cela modifie la perception qu'on a de soi et de l'environnement, donne un sentiment de détente, d'ivresse. Il peut y avoir un phénomène d'accoutumance mais comme pour d'autres drogues ça ne tient pas au produit mais à l'état d'esprit de la personne qui le prend: si elle est dépressive, angoissée, ces produits peuvent avoir un effet séduisant et appeler alors à une consommation future.

Au niveau de la dangerosité de ces produits pour la santé, on ne dispose pas de beaucoup de recul, indique encore le psychologue. "Ces produits sont potentiellement nocifs pour les voies respiratoires mais aussi pour d'autres organes, comme les reins, la moelle osseuse ou le cerveau s'ils sont pris plusieurs fois par jour. Les effets toxiques potentiels sont alors importants à long terme. Mais même si le produit n'est inhalé qu'une fois par semaine, mais sur une longue période (aspergé sur un foulard porté durant de nombreuses heures de suite par exemple), cela peut provoquer une confusion mentale, des troubles respiratoires ou une instabilité émotionnelle." (belga)