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“J’ai pris un Menu Fish”: les confidences de Salah Abdeslam à ses codétenus sur la soirée du 13 novembre

Entre mars et avril 2016, la Sûreté de l’Etat a procédé à des écoutes de Salah Abdeslam alors qu’il se trouvait incarcéré à la prison de Bruges. Le journal Le Parisien s’est procuré un document déclassifié qui révèle les conversations du terroriste avec ses compagnons de cellule.

Le 14 avril 2016, dans l’après-midi, l’unique survivant du commando de Paris dévoile le récit glaçant de sa soirée macabre à ses voisins de cellule. Ceux-ci ne sont autres que Mehdi Nemmouche, l’auteur de la fusillade au Musée juif, et Mohamed Bakkali, soupçonné d’avoir joué un rôle logistique dans les attentats du 13 novembre.

“La ceinture était trop voyante”

Il explique alors comment il a fui vers Châtillon, au sud de la capitale, après avoir déposé les trois terroristes au Stade de France, abandonné sa Clio dans le XVIIIe arrondissement et s’être débarrassé de sa ceinture à Montrouge. 

“T’avais déjà jeté la truc (la ceinture explosive)?”, demande Mohamed Bakkali. “Oui évidemment, t’es ouf ou quoi? [rires] En fait, j’ai demandé un renseignement à un type. Il m’a regardé de la tête aux pieds: il regardait ma veste. Il voyait qu’il y avait quelque chose de bizarre. On dirait que je faisais 90 kg, mon frère. Avec la sacoche (ndlr. la ceinture explosive) et tout, on dirait que j’avais de grosses fesses. C’était trop voyant, je savais que je devais m’en débarrasser”, continue-t-il.

Un passage au McDo

Le fugitif passe la nuit dans un immeuble de Châtillon et confie être passé… par le “drive” du McDonalds. “J’ai pris un Menu Fish”, lâche-t-il alors à Bakkali, qui lui rétorque qu’il est un “tueur”. Pendant que ses comparses sèment la terreur au Bataclan, Salah Abdeslam “sympathise” alors avec des jeunes du bâtiment.

“Vraiment des petits gamins. Ils étaient en train de fumer des joints”, poursuit-il à son voisin de cellule. “J’ai parlé avec eux parce qu’en fait, ils avaient un appareil et, tu vois, il y avait les actualités. Ça me permettait d’être à jour. Eux ils parlaient de ce qui se passait, moi je leur parlais des filles, de l’école, des métiers”.

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Salah Abdeslam a été condamné à 20 ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bruxelles pour la fusillade de la rue du Dries survenue le 15 mars 2016. © AFP

Interviewé par la télé belge

Quelques heures après les attentats, Salah Abdeslam est alors exfiltré par deux complices venus de Belgique, Mohammed Amri et Hamza Attou, qu’il avait appelés à 0h30. Sur le trajet Paris-Bruxelles, les trois hommes sont contrôlés à plusieurs reprises par la police, sans être inquiétés puisque personne ne soupçonne à ce moment-là l’implication d’Abdeslam dans les attaques sanglantes survenues la veille. A propos de ce trajet, il confie d’ailleurs une anecdote à peine croyable. Il affirme avoir été interrogé par une équipe de télévision belge.

“Elle [la journaliste] me dit: ‘Vous trouvez normal qu’il y ait des barrages comme ça?’ J’ai dit: ‘Oui c’est normal, vu les circonstances, il faut bien renforcer les barrages hein! J’étais à l’arrière. (…) Ils étaient avec leurs mitraillettes. Ils avaient entouré la voiture, c’était choquant […] J’ai dit ‘Ça y est, c’est la fin’. J’ai compris qu’il n’y avait plus d’issue”.

Procès prévu en 2021 à Paris

Le parquet national antiterroriste français a annoncé en novembre dernier avoir requis un procès contre 20 personnes dans l’enquête tentaculaire sur les sanglants attentats du 13 novembre 2015 à Paris et sa banlieue, dont six suspects visés par un mandat d’arrêt. Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos, et quatre membres présumés de la cellule djihadiste franco-belge à l’origine des attaques ayant fait 130 morts, sont visés par ces réquisitions. La décision finale sur les contours de ce procès hors norme, prévu en 2021 à Paris, revient désormais aux juges d’instruction.

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