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"Je n'ai plus de vie sans lui, ma vie est finie"

Assises MonsLe président de la cour d'assises du Hainaut, Jean-Francis Jonckheere, a auditionné jeudi matin, les parents de Nicolas El Mjaidri (24 ans), qui a été torturé et tué le 5 novembre 2016 à Charleroi. Le jeune homme a été piégé par quatre hommes qui lui ont volé sa voiture, son argent de poche et qui sont jugés pour un vol avec violence avec plusieurs circonstances aggravantes. "Je n'ai plus de vie sans lui, ma vie est finie", a déclaré sa mère.

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Mario, le père, se souvient de Nicolas qui l'accompagnait dans son camion. "Il était un bon travailleur manuel. Vous lui montriez une chose une fois, il savait le faire. Il voulait faire quelque chose de sa vie et se mettre en ménage. Je lui ai donné une camionnette pour qu'il puisse travailler". C'est cette camionnette, immatriculée au nom de son épouse, qui a été volée le 5 novembre 2016.

Ce véhicule était équipé d'un système anti-vol, "il n'y a que Nicolas et moi qui savions comment faire démarrer l'auto". Jean-Marie Demeure, le second accusé qui était l'ami de la victime, déclare qu'il connaissait le système, "il fallait appuyer sur le cendrier".

La mère de Nicolas est celle qui a alerté la police sur la disparition de son fils, le 7 novembre. "J'ai pris contact avec Jean-Marie. Je savais qu'il le fréquentait mais pas depuis quand. Il ne m'avait jamais parlé de Devos". Le président note que Alexandre Devos, le premier accusé, connaissait Jean-Marie Demeure depuis 2014.

Trop gentil, trop naïf
Elle a demandé à Jean-Marie s'il avait vu Nicolas. "Il m'a dit qu'il l'avait ramené chez lui et qu'il avait mal à la tête. Il avait l'air normal. Sa mère a déclaré la même chose". Pire, dans la foulée, Jean-Marie Demeure lui a envoyé des messages sur son téléphone en disant qu'il ne fallait pas s'en faire car il allait faire des recherches.

Le 9 novembre, Jean-Marie et sa mère sont allés chez la maman de Nicolas, pour demander des nouvelles. "Quand il a été arrêté, sa maman est venue me dire que son fils n'avait rien fait". Elle ajoute : "en m'envoyant une lettre il y a plus d'un mois, il m'a encore fait plus de mal", dit la maman. Dans cette lettre, il avoue avoir tué son fils, ajoutant qu'Alexandre Devos n'y était pour rien, qu'il était victime d'un complot monté par les trois autres. Il s'agit-là d'une nouvelle version des faits. "Je n'en revenais pas qu'il ait eu encore l'audace de remuer le couteau dans la plaie".

La maman de Nicolas n'arrive pas à parler de son fils au passé. "Je n'ai plus de vie sans lui, ma vie est finie. Pour moi, Nicolas, c'est l'enfant de l'amour, l'air que je respire. Il est très attachant, tout le temps avec moi. Jusqu'au dernier jour, il a envoyé un SMS pour me dire je t'aime maman, à demain".

Selon sa maman, Nicolas était trop gentil avec tout le monde, voire un peu naïf, selon son papa. "Il ne demandait rien à personne, il n'était pas méchant. C'était un débrouillard, il ne trainait pas dans la rue, il travaillait". Nicolas allait à mitrailles, comme disent les Carolorégiens.

"C'est trop tard et c'est facile de s'excuser"
Nicolas aidait aussi beaucoup sa grand-mère, chez qui il dormait pour qu'elle ne soit pas seule. Il a aussi un frère de 14 ans. "Il ne travaille pas bien à l'école. Il fait de l'équitation car son grand-frère lui avait appris", racontent ses parents.

Alexandre Devos a émis des regrets, "je n'avais jamais vu Jean-Marie comme ça avant, qu'il allait péter un câble". Jean-Marie Demeure regrette, "c'est inacceptable". Jason Saume a présenté ses excuses, "ce que j'ai fait n'est pas bien". Enfin, Martin Prince s'est aussi excusé.

"C'est trop tard et c'est facile de s'excuser. Pour moi, il n'y a pas de pardon", a répondu le papa de Nicolas.

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