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© Capture Europe 1, DR

"Je n'oublierai jamais la dangerosité de Mehdi Nemmouche": un ancien otage de Daech témoigne

VideoLe procès de Mehdi Nemmouche a débuté. Retenu en otage en Syrie pendant de longs mois, le journaliste Didier François se souvient particulièrement de l'auteur présumé de l'attentat contre le Musée juif de Bruxelles, un homme avec une "capacité de violence" qu'il n'oubliera jamais.

Citation

Il nous arrivait d'avoir des cadavres égorgés devant la porte, de marcher dans leur sang avant d'aller jusqu'aux toilettes. C'est ça aussi, Mehdi Nemmouche

Didier François

Quand le journaliste est prisonnier de l'organisation État islamique de juin 2013 à avril 2014, Mehdi Nemmouche fait partie des "gardes francophones de la police islamique de Daech". Avec d'autres journalistes, le reporter était détenu dans les sous-sols d'un hôpital pédiatrique, notamment par celui qui est accusé d'être l'auteur de l'attentat perpétré au Musée juif de Bruxelles le 24 mai 2014.

"Il torturait les Syriens, les Irakiens, les prisonniers. Il y avait un déchaînement de violence absolument incroyable. (...) Un grand jeu qu'ils avaient, c'était de torturer les gens devant la porte de notre cellule. Le matin, il nous arrivait d'avoir des cadavres égorgés devant la porte, de marcher dans leur sang avant d'aller jusqu'aux toilettes. C'est ça aussi, Mehdi Nemmouche", relate le journaliste sur Europe 1.

"Il se vantait de violer les femmes devant leurs maris, et d'assassiner leurs enfants"
Didier François et les autres journalistes étaient également torturés. "Mehdi Nemmouche avait un petit jeu qu'il aimait beaucoup, c'était de nous écraser les ongles avec une pince en acier. Pendant les déplacements aux toilettes, il nous tasait avec du matériel électrique. Moi, il m'avait frappé quarante fois sur le haut du crâne avec une matraque plombée. (...) Je n'oublierai jamais sa capacité de violence et sa capacité de danger", rappelle-t-il.

Cependant, les journalistes sont restés en vie sur ordre des chefs des geôliers. Ce qui n'était pas du goût de Mehdi Nemmouche: "Il nous disait : 'T'es une grosse merde, j'aimerais te buter, mais mes chefs ne veulent pas que je le fasse'".

Didier François constate également la personnalité particulière de Mehdi Nemmouche. "Il passait ses journées à se vanter de rentrer dans les villages chiites, de violer les femmes devant leurs maris, et d'assassiner leurs enfants. Puis il repartait en chantonnant ou en sifflotant du Aznavour", se souvient le reporter, qui attend de ce procès qu'on "réalise à quel point ces gens sont dangereux".