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Casa Rosso, la cible suggérée par le prévenu © belgaimages

"Je ne préparais pas d'attentat, je prenais du plaisir avec les vidéos de décapitation"

Le procureur a requis vendredi, devant le tribunal correctionnel de Hasselt, une peine de six ans de prison à l'encontre de Semir M., de Zonhoven. Cet homme de 24 ans avait déjà été condamné le 23 juin 2017 à une peine de 3 ans de réclusion pour participation à une organisation terroriste (État islamique). Fin janvier 2018, il avait été libéré sous conditions, mais avait à nouveau montré des sympathies pour l'EI sur internet. Il utilisait notamment un compte Telegram. Dans ses partages, trente-trois vidéos ont été retrouvées, soit 12 heures d'images, notamment de décapitations.

Il avait été condamné en juin 2017 avec sa sœur. Il servait d'entremetteur entre celle-ci et le groupe terroriste, par exemple en lui transmettant des articles qu'elle traduisait ensuite pour le magazine de propagande Dabiq. Il avait été condamné pour participation à une organisation terroriste et pour avoir diffusé la propagande du groupe.

Cibler le quartier chaud d'Amsterdam
Ce procès-ci concerne des discussions en ligne avec une personne située aux Pays-Bas dans lesquelles il évoque les attentats de Las Vegas et Orlando, qui ont été revendiqués par l'EI, avant d'envoyer les heures d'ouverture d'une maison close d'Amsterdam.

Le suspect nie les faits, affirme qu'il ne préparait rien. Il reconnait ne pas avoir respecté ses conditions de libération et avoir eu, à deux reprises, des contacts par internet. "Ce n'était rien de sérieux, c'était pour rire", affirme-t-il. Le jeune homme n'est pas dans une phase de déradicalisation, puisqu'il maintient que selon lui le monde serait meilleur si la charia était appliquée à la lettre et dit prendre du plaisir, "mais pas dans de mauvaises intentions", à regarder les vidéos de décapitations du groupe.

"Je me radicaliserai davantage en prison"
Le procureur a requis une peine de six ans de prison, et si les conditions légales le permettent, une déchéance de la nationalité belge. La défense demande, elle, une peine avec sursis. Le suspect, qui est actuellement détenu, estime que s'il reste en prison, ses croyances se renforceront encore, tandis qu'à l'extérieur il pourra obtenir de l'aide et du soutien.

Jugement le 18 janvier.