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Jean-Luc Crucke, ministre wallon en charge des aéroports. © BELGA

Jean-Luc Crucke annonce un front wallon contre le monopole de Skeyes: “Trop is te veel!”

Mise à jour"Trop is te veel", a déclaré mardi à Silly le ministre wallon en charge des Aéroports, Jean-Luc Crucke. "Skeyes n'est plus un partenaire en terme de fiabilité", a ajouté le ministre, qui a annoncé la création d'un front wallon "dur et déterminé" des aéroports et de la Sowaer (Société wallonne des aéroports) contre le gestionnaire du trafic aérien. De son côté, Brussels Airport demande une astreinte de 50.000 euros par vol touché, a-t-on appris. 

"Les aéroports et la Sowaer vont déposer une requête unilatérale pour demander le maintien et la continuité du service et réclamer des astreintes s'il n'est pas assuré. Par ailleurs, le comité stratégique de la Sowaer va être convoqué de manière à lancer une action sur le fond pour réclamer des indemnisations. Les aéroports n'ont pas à subir l'impact causé par Skeyes", a précisé le ministre. "Enfin, une fois que nous aurons reçu l'étude du consultant Pegasus, nous analyserons les alternatives fiables à Skeyes."

"Il n'y a rien de pire que d'avoir un partenaire qui n'est plus fiable", a ajouté le ministre. "Il ne m'appartient pas de me mêler du conflit social chez Skeyes mais d'assurer les réussites des aéroports de Liège et de Charleroi. Nous sommes des clients de Skeyes et cela doit être respecté.”

“Skeyes et l’ACV Transcom font durer le conflit. Cela a des conséquences sur les 5.000 personnes qui travaillent à l’aéroport de Liège et sur les opérateurs qui y sont actifs. Et certains opérateurs pourraient envisager d’autres possibilités. La démarche de nous unir est nécessaire. On veut casser le monopole de Skeyes qui est la cause de ce blocage”, a ajouté Luc Partoune, CEO de Liege Airport, qui était présent mardi lors de la conférence de presse. L’aéroport de Charleroi, dont un représentant était aussi sur place, dénonce l’impact “sur le personnel et les passagers frustrés par les grèves à répétition de Skeyes”. Cet impact est estimé pour le seul aéroport à 250.000 euros par 24 heures de grève.

Le conseil d’administration de l’aéroport de Charleroi se réunira jeudi pour se prononcer sur ces actions. Celui de Liege Airport sera convoqué dans l’urgence. Le comité stratégique de la Sowaer doit se réunir dans le courant de la semaine.

Brussels Airport demande une astreinte de 50.000 euros par vol touché

Brussels Airport Company, la société qui exploite l’aéroport de Zaventem, demande une astreinte de 50.000 euros par vol touché dans le cadre de son recours en référé contre Skeyes afin d’obtenir la garantie que la société cassure ses prestations, a-t-on appris mardi en marge d’une conférence de presse à l’aéroport. Cela concerne tous les vols, peu importe la compagnie, tant au départ qu’à l’arrivée.

Mardi matin, on avait appris que Brussels Airport Company mais aussi les compagnies Brussels Airlines et TUI Fly avaient introduit une demande en référé auprès du tribunal de l’entreprise de Bruxelles afin d’obtenir la garantie que Skeyes assure ses prestations. L’aéroport réclame 50.000 euros par vol touché, qu’il soit annulé, retardé ou dévié, tant au départ qu’à l’arrivée, et peu importe la compagnie concernée, précise sa porte-parole.

La procédure a été introduite jeudi dernier, lorsque le personnel de Skeyes avait interrompu ses prestations durant 3,5 heures “et ainsi fait subir un préjudice grave au bon fonctionnement de l’aéroport”. Brussels Airport justifie sa décision par les “dommages économiques importants” et par le fait que “sa réputation est ternie” en raison des perturbations “persistantes et inattendues à la suite des actions du personnel de Skeyes.”

“Il est important que Skeyes prenne les mesures nécessaires pour assurer le service dont il a le monopole”, insiste Arnaud Feist, administrateur délégué de l’aéroport, qui rappelle “ne pas avoir le choix” du partenaire chargé du contrôle aérien.

Une décision est attendue rapidement. Les plaidoiries sont d’ailleurs prévues le 18 juin. La procédure est toutefois distincte de l’action en référé introduite unilatéralement par Brussels Airlines la semaine dernière. 

Plusieurs compagnies aériennes ont en effet lancé des procédures judiciaires. LACHS, CAL et Brussels Airlines ont obtenu des astreintes du juge en cas d'interruption du service assuré par Skeyes pour les deux premiers cités (250.000 euros par heure d'interruption), en cas de vols annulés, retardés d'au moins une heure ou déviés pour Brussels Airlines (de 10.000 à 20.000 euros par vol).

Le conflit social chez Skeyes a débouché dernièrement sur un accord social, signé par le syndicat socialiste mais pas par les syndicats chrétien et libéral. La direction a laissé entendre qu'il n'était pas question de renégocier cet accord mais que la porte restait par contre ouverte pour des détails de sa mise en oeuvre. Une nouvelle réunion est prévue jeudi. 

  1. Vingt-cinq ans de prison requis à l'encontre de Christian Van Eyken et sa compagne
    Mise à jour

    Vingt-cin­q ans de prison requis à l'encontre de Christian Van Eyken et sa compagne

    L’avocate générale Laure Wynants a requis, jeudi vers 14h30, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, des peines de 25 ans de prison à l’encontre de Christian Van Eyken et de Sylvia B. Elle a considéré qu’il existait un faisceau d’indices graves, précis et concordants qui doivent conduire les juges à déclarer ce couple coupable d’avoir assassiné Marc Dellea, le premier mari de Sylvia B., le 8 juillet 2014 à Laeken.