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Rebelle syrien (illustration) © ap

Jeunes Belges en Syrie: "Ce n'est pas nouveau"

Le départ de jeunes Belges pour aller combattre en Syrie n'est pas un phénomène nouveau, cela fait déjà plusieurs mois que cela dure. Le départ de Belges pour rejoindre des conflits à l'étranger s'est par ailleurs déjà produit à plusieurs reprises par le passé, a expliqué mardi soir Alain Grignard, spécialiste de l'antiterrorisme à la police judiciaire fédérale de Bruxelles et islamologue (ULB - ULg).

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Siège du Parquet fédéral © belga

Cela fait déjà plusieurs mois que des jeunes Belges se rendent en Syrie, ce n'est pas un phénomène nouveau; par le passé déjà on a vu des personnes résidant en Belgique partir pour s'impliquer dans des conflits à l'étranger, comme lors de la guerre au Kosovo, explique le professeur Grignard.

Ce n'est pas neuf mais ici les parents s'inquiètent, contactent la police puis les médias, souligne-t-il. "Et la publicité qui est faite à ce sujet peut donner de mauvaises idées à d'autres personnes".

Ces jeunes qui partent en Syrie peuvent avoir des profils très différents, il n'est pas toujours question d'un réseau. Tout le monde en parle, le conflit est proche, le bouche à oreille fonctionne, cela touche dès lors des jeunes de tout type, certains en rupture avec la société, d'autres non, ajoute-t-il.

Lors de la guerre en Irak et en Afghanistan, il était beaucoup plus difficile de s'y rendre, il fallait des contacts, un réseau. Ici, par contre, il est assez simple de se rendre en Syrie en passant par la Turquie, explique Alain Grignard.

"Le problème c'est le retour. Toutes les personnes qui reviennent sont transformées par leur participation, active ou non, au conflit. Certains vont adhérer à un mouvement radical, d'autres revenir plus violents... La religion est un facteur de radicalisation, mais ce n'est pas le seul", insiste le professeur. "Même si seulement 5 pc reviennent 'radicalisés', c'est déjà un risque."