Julie Van Espen a été tuée par un délinquant sexuel en liberté en mai dernier, alors qu'elle longeait le canal à vélo. Elle avait 23 ans
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Julie Van Espen a été tuée par un délinquant sexuel en liberté en mai dernier, alors qu'elle longeait le canal à vélo. Elle avait 23 ans © belga

“Julie vivrait toujours si vous aviez pris vos responsabilités”: la famille Van Espen veut des sanctions

Les parents de Julie Van Espen ont formellement réagi au rapport du Conseil supérieur de la Justice, publié fin décembre, sur le dossier du meurtre de l’étudiante de 23 ans à Anvers. Les proches pointent ainsi du doigt la “négligence grave” de la Justice dans l’affaire. Selon les Van Espen, la jeune Julie serait tout simplement toujours en vie si le système judiciaire avait fonctionné comme il se doit.

La lettre ouverte des proches fait huit pages et n’est pas seulement signée par les parents de Julie, Erik et Kaat Van Espen, mais aussi par deux autres membres de la famille et le père du petit ami de Julie. 

“Dans une entreprise, il y aurait des licenciements”

Dans ce courrier à charge, l’entourage de l’étudiante tuée en mai dernier par Steve Bakelmans dresse la liste des manquements imputés à la Justice dans le dossier, qu’il considère avoir été traité “avec un gant de velours”. Ils effectuent une comparaison douloureuse: “Que dirait la société si un directeur de zoo laissait un lion se balader en liberté et que ce lion attaquait et tuait un enfant? Et que diraient les citoyens si le directeur en question réagissait ensuite en disant: ‘Bah, je n’avais pas assez de moyens pour maintenir ce lion en cage, donc je n’ai pas eu d’autre choix que de le libérer’?”

La lettre ouverte s’adresse à tous les présidents de parti et sera évoquée à la Chambre aujourd'hui. Les signataires demandent à ce que les responsables soient sanctionnés. “Dans le monde de l’entreprise, ce type de comportement négligent aurait pour conséquence des sanctions utiles et immédiates, allant jusqu’au licenciement”, résume le communiqué.

Comité J

Les proches suggèrent également, par analogie avec le Comité P qui surveille le bon fonctionnement de la police, un “Comité J”, sorte “d’organe de contrôle externe qui aurait une vision d’ensemble sur le travail des magistrats et pourrait intervenir en cas de grave erreur ou de dysfonctionnements, comme ici”. 

Les parents plaident aussi pour une “numérisation sur mesure de la Justice”, un “suivi obligatoire et thérapeutique des délinquants sexuels, également à l’issue de leur peine”, et pour une “formation plus ciblée des services de police et des magistrats sur la problématique de la violence sexuelle”. Ils estiment aussi qu’un procès pour mœurs devrait toujours se dérouler à huis clos. 

Citation

Julie voulait signifier quelque chose pour la société, ne laissons pas sa mort être vaine

Enfin, les parents concluent par des encouragements adressés à la classe politique. Ils évoquent leur “fille super enthousiaste et positive qui a toujours dit espérer contribuer à l’évolution de la société”. “Ne laissez pas sa mort être vaine et prouvons au-delà des clivages politiques que nous pouvons prendre des mesures rapides et adéquates pour que le ministère de la Justice se renouvelle et devienne plus efficace”, exhortent-ils. 

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