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Koen Geens a démissionné: “Continuer n'était plus possible”

Mise à jourLe chargé de mission royale Koen Geens (CD&V) a remis au Roi son rapport final vendredi soir. Le souverain a accepté sa démission et entamera lundi des consultations pour déterminer la suite des évènements. “Le Roi a accepté sa démission et exprimé son appréciation pour ses efforts et le travail réalisé”, ajoute le Palais.

“J'ai rendu un rapport final au roi sur la mission royale dont il m’avait chargé le 31 janvier dernier”, a déclaré Koen Geens lors d'une conférence de presse débutée à 19h20. “Le roi a accepté ma démission et j'aimerais vous rapporter sur ce que j’ai fait lors de ces deux dernières semaines. J'ai tout fait pour garantir la discrétion et la confiance de cette mission.”

Koen Geens a remercié le roi pour la confiance dont il a bénéficié. “Et les autres partis aussi pour leur confiance et leur discrétion.” 

“Tout le monde sait que je travaille sur un schéma bien préparé et avec des garanties maximales pour des résultats. Ce n’est pas parce que la mission n’a pris que deux semaines que nous n’avons pas obtenu le maximum de résultats.”

“Vous savez que depuis le 31 janvier jusqu'au 10 février, j’ai reçu tous les partis et leurs présidents, seuls. Pour comprendre ce qu'étaient les chances d'aboutir selon eux et quelles perspectives on avait. J'ai fait part lors de mon rapport intérimaire au roi le 10 février, je lui ai fait part d'une note qui servait de base de discussions. J'avais l’intention de la finir lundi prochain.”

“Dans cette note, j'ai essayé de parler de tous les éléments essentiels de la politique socio-économique, de la sécurité, de la migration, de l’énergie, de la mobilité. Chaque proposition était basée sur des chiffres concrets.”

Le problème PS-N-VA

Koen Geens explique qu'il avait eu la garantie des partis qu’ils ne divulgueraient pas les informations. “Un parti s’est montré particulièrement non favorable au sujet d’une alliance avec un autre parti. Je n’ai pas pu voir tous les partis parce que la discrétion et la confiance sont essentiels et je trouvais que continuer dans cette voie n’était plus possible après les déclarations de ces derniers jours.” Il faisait référence aux déclarations du PS.

“Négocier avec des nationalistes avec lesquels nous n’avons rien à voir, cela devient un vrai supplice”, avait déclaré Paul Magnette. “Combien de fois devrai-je encore dire que le PS n’a aucune envie de gérer avec eux?”

“Je croyais bénéficier de la confiance des deux grands partis”, a encore expliqué Koen Geens, qui aurait souhaité continuer. “Mais vous savez comment le monde fonctionne, les déclarations qui ont été faites ont rendu impossible la suite de ma mission.”

“Je suis un homme du consensus et de la conciliation. Je continuerai à œuvrer dans le bon sens pour que notre pays ait bientôt un gouvernement.” Il a transmis sa note au roi. “Il en fera le nécessaire dans le cadre des consultations qui vont suivre dans les jours à venir.”

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“Je sais avouer un échec”

“J'avais un plan très détaillé. J'avais prévu de voir tous les partis cette semaine-ci, j’aurais pu informer davantage. Mais ce qui s’est passé m’a rendu la tâche difficile. Quelqu'un d’autre va devoir voir si une autre formule va pouvoir être ressuscitée. J’informerai cette personne avec bonne volonté.”

Il a ensuite cité Guillaume d’Orange: “Il n’y a point besoin d’espoir pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.” “Pour cette législature, le PS ne veut pas d’une coalition avec la N-VA.” Il croit cependant que la formule était la meilleure pour notre pays. “Je sais avouer un échec. Je m’excuse auprès des autres partis de ne pas avoir pu terminer ce processus. En aucun cas, on ne se dirige vers les élections. Je ferai tout pour les éviter.”

Rappel des faits

Koen Geens, chargé le 31 janvier dernier de la mission de “prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d’un gouvernement de plein exercice”, a succédé dans cet exercice au duo d’informateurs Joachim Coens (CD&V) - Georges-Louis Bouchez (MR). Il devait normalement faire rapport au Roi lundi prochain.

Lundi dernier, le Palais avait annoncé prolonger d’une semaine la mission confiée au vice-Premier ministre. Son prochain rapport était donc attendu le 17 février, lundi prochain, un timing que vient perturber cette annonce d’audience impromptue.

Le 31 janvier, le Roi avait confié à Koen Geens la mission de “prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d’un gouvernement de plein exercice”.

Durant plusieurs mois après les élections de mai dernier, des missions d’information et de préformation, puis une mission royale sans nom, se sont succédées sans permettre un déblocage de la situation, entre un PS qui répète l’incompatibilité de son programme avec les exigences de la N-VA et un CD&V qui refuse d’envisager une “Vivaldi” avec les socialistes, les libéraux et les verts.

A l’issue de sa mission d’information en duo avec le tout frais président du MR, le CD&V Joachim Coens avait encore souligné en début de mois que l’objectif restait pour les chrétiens démocrates flamands de rassembler la N-VA et le PS, soit les plus importants partis des deux principales communautés linguistiques, dans une même majorité au fédéral. Cet axe semble pourtant avoir été abordé sous tous les angles, sans succès jusqu’ici.

Une coalition fédérale sans la N-VA signifierait automatiquement une alliance ne bénéficiant pas d’une majorité dans le nord du pays, ce que refuse d’envisager le CD&V.

Le 31 janvier, les observateurs attendaient que le Roi lance le président des nationalistes flamands Bart De Wever dans l’arène, après que Coens et Bouchez avaient rendu leur tablier d’informateurs, mais le souverain avait surpris en confiant une mission à Koen Geens. 

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