Plein écran
© BELGA

Koen Geens: “Il faut prendre au sérieux les avances de Bart De Wever”

Mise à jourKoen Geens, le ministre de la Justice et négociateur fédéral pour le CD&V, a réitéré sur les ondes de Bel RTL son souhait de voir le PS et la N-VA se parler sérieusement pour tenter de former un gouvernement. Si certains estiment qu’il s’agit d’une perte de temps vu les positions diamétralement opposées des deux partis, il pense que tout n’a pas encore été mis en œuvre jusqu’ici pour réunir socialistes et nationalistes.

“Nous sommes dans un pays qui n’est pas le plus simple mais qui est le plus beau et que je défends bec et ongle. Vous n’avez pas devant vous un séparatiste et je dis qu’il faut prendre au sérieux Bart De Wever. Si on ne le fait pas, ce n’est pas correct”, a-t-il commenté ce mardi matin, confirmant qu’il croyait toujours à la coalition “bourguignonne”, incluant le PS et la N-VA, malgré le scepticisme ambiant.

“On a l’espoir que la mission aboutisse sinon les informateurs n’auraient pas demandé une prolongation au Roi. Ils ont des nouvelles données qui permettent de revérifier certaines hypothèses”, a-t-il prolongé.

Les nationalistes ont exprimé une “adhésion” à la note des informateurs présentée la semaine dernière, dont le mot confédéralisme est absent, a-t-il fait remarquer. Or, aux yeux des chrétiens-démocrates, le soutien d’une majorité flamande à une coalition fédérale est “important, pas indispensable, mais important”.

Bart De Wever a semblé tendre la main au PS 

“Pourquoi les partis flamands - et je ne dis pas qu’ils ne le feront pas - devraient accepter un gouvernement avec le PS, le MR et Ecolo alors que les partis francophones s’opposent à un gouvernement où il y a une majorité flamande? C’est étonnant”, a-t-il expliqué.

“La majorité flamande est importante mais aussi les sujets éthiques et la réforme de l’État et vous devez croire que nous sommes plus à l’aise pour discuter de ces sujets avec la N-VA dans le gouvernement que sans la N-VA”, a-t-il ajouté.

Samedi soir, à l’occasion de la réception de Nouvel An de la N-VA à Malines, Bart De Wever a semblé tendre la main au PS en déclarant que l’augmentation des petites pensions est “une priorité”. Il s’agit de l’une des revendications des socialistes.

“Clarifier davantage les différentes positions”

Les informateurs Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V) poursuivent leurs travaux dans la discrétion, a-t-on indiqué mardi dans leur entourage après la prolongation de leur mission. Il leur incombe de “clarifier davantage les différentes positions”.

Le choix entre une formule “Vivaldi” (socialistes, écologistes, libéraux et CD&V) et une autre impliquant la N-VA est toujours d’actualité.

Une majorité N-VA, CD&V et sp.a proposée par Bart De Wever vendredi?

L’attitude du CD&V n’est pas la seule à être scrutée. Le sp.a fait l’objet de toutes les attentions depuis qu’il a marqué son intérêt pour l’ouverture de M. De Wever. La Libre a fait état mardi d’une possibilité de “deal” entre N-VA, CD&V et sp.a proposée par M. De Wever vendredi aux informateurs. L’information n’a pas été confirmée. En coulisses, les socialistes flamands rappellent qu’ils veulent une coalition penchant à gauche et qu’à ce jour, aucune proposition de coalition - Vivaldi ou autre - ne leur a été faite.

Quoi qu’il en soit, cette proposition de la N-VA démontrerait la dégradation des relations entre elle et l’Open Vld, deux partenaires au gouvernement flamand depuis à peine 3 mois. Elle mettrait aussi une forte pression sur la famille libérale. Interrogé lundi soir, M. Bouchez a insisté sur l’unité de celle-ci et assuré qu’il ne laisserait pas tomber “un membre de la famille”.