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L'ami d'Ihsane Jarfi "désespéré": "Ils ont tué son amour"

Les avocats du compagnon d'Ihsane Jarfi ont décrit mercredi en début de soirée les accusés comme des bourreaux qui ont assassiné, martyrisé et torturé un amour. Les accusés ont été qualifiés de lâches par des avocats qui redoutent qu'ils tentent de se dédouaner des faits qui leur sont reprochés devant la cour d'assises de Liège.

Ihsane Jarfi (32 ans) vivait une relation amoureuse depuis 5 ans avec le compagnon avec lequel il avait emménagé dans une maison de Liège. L'avocat Eric Lemmens a confirmé que ce compagnon se sent veuf depuis que le décès d'Ihsane Jarfi lui a été annoncé. Sidéré par la disparition d'Ihsane Jarfi et par les circonstances de son décès, cet homme a été submergé par un désespoir définitif.

"Mathieu est ici parce qu'il faut l'aider à traverser une rivière dans laquelle il se noie depuis plus de 2 ans. Quatre bourreaux ont assassiné, martyrisé et torturé son amour. Ces quatre accusés ont participé à la mise à mort d'Ihsane Jarfi. Mais ils ne sont pas courageux au moment d'affronter leur responsabilité. Ils sont lâches car ils vont essayer de dire à quel point ils ont peu fait dans cette scène tragique. Ils vont même tenter de sortir la tête haute et marchant droit de ce procès", a regretté Me Eric Lemmens.

Selon Me Elisabeth Kiehl, la culpabilité des accusés doit aussi être appréciée dans le cadre de la participation criminelle. L'avocate a développé des notions juridiques qui démontrent que Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier ont apporté leur aide dans la commission des faits. Ils ont porté des coups et coopéré directement à l'action criminelle.

L'avocate a insisté sur la particularité du questionnaire qui sera remis aux jurés et sur le concept juridique qui devra être apprécié avec précision. Elle a souligné que les accusés doivent être condamnés pour avoir commis l'homicide d'Ihsane Jarfi et, par la suite, avoir commis le vol par opportunité de ses effets personnels. Pour Me Kiehl, les faits ne peuvent donc pas être confondus avec une scène de meurtre commis pour faciliter le vol. "Ihsane Jarfi a été victime d'un projet criminel réfléchi. Il a été assassiné en raison de son homosexualité", a indiqué l'avocate.

Me Eric Lemmens a retracé les événements survenus la nuit des faits. Mais il a regretté que des zones d'ombre subsistent. "Les quatre accusés sont les seuls témoins des faits. Ils ont scellé un pacte par le sang qu'ils ne briseront pas. C'est pourquoi nous ne saurons jamais ce qui s'est réellement produit cette nuit-là. Ils prétendent qu'ils ne s'en souviennent pas, mais rien n'est crédible dans leurs paroles. Leur silence, c'est encore leur pacte!", a regretté l'avocat.

Les autres parties civiles interviendront jeudi matin. Les jurés entendront les plaidoiries des avocats de la mère du filleul d'Ihsane Jarfi, du Centre interfédéral pour l'égalité des chances et la lutte contre les discriminations ainsi que de l'ASBL Arc-en-ciel Wallonie.

Le réquisitoire du ministère public aura lieu jeudi après-midi.