Plein écran
Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères. © belga

L'attitude de Reynders face à la crise au Burundi critiquée

L'attitude du gouvernement belge, et particulièrement celle du ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, face à la crise au Burundi a été prise sous le feu des critiques d'une partie de l'opposition. Plusieurs députés ont reproché au ministre de ne pas avoir condamné clairement le projet du président sortant Nkurunziza de briguer un troisième mandat, contrairement au prescrit des accords d'Arusha. Selon Dirk Van der Maelen (sp.a), M. Reynders a tenu un discours ambigu qui a constitué "un mauvais signal".

Plein écran
Alexander De Croo, ministre de la Coopération. © photo_news

La Belgique usera de tous les leviers dont elle dispose, aussi bien sur le plan diplomatique que dans la coopération au développement, pour arrêter l'escalade de la violence au Burundi et permettre aux Burundais de se prononcer sur l'avenir de leur pays à un moment où il n'y a pas de violence et où la population n'est pas mise sous pression, a expliqué jeudi le ministre de la Coopération, Alexander De Croo, à la Chambre. Le ministre s'est montré prudent vu l'évolution incertaine du pays. "La situation évolue de minute en minute", a-t-il fait remarquer.

"Ce n'est pas le moment, alors que le Burundi est en feu, de jouer aux petits jeux politiques belges. Notre pays a été particulièrement clair les mois passés", a souligné M. De Croo.

Le premier pays "à joindre le geste à la parole"
Lors de chaque "interaction" avec le pouvoir burundais, la Belgique a rappelé l'importance des accords d'Arusha, a-t-il affirmé. Elle a en outre été le premier pays "à joindre le geste à la parole" en suspendant son soutien à l'organisation des élections et sa coopération avec la police.

La Belgique a joué un rôle "précurseur", a poursuivi le ministre tout en se montrant très prudent, rappelant que la candidature de M. Nkuruzinza n'a été officialisée que ce week-end.

"Nous avons évidemment pris acte du fait que la Cour constitutionnelle était mise sous pression et de l'escalade de la violence. Cela, nous l'avons aussi condamné, comme nous l'avions déjà fait, en insistant sur les accords d'Arusha. Ceux qui prétendent que la Belgique n'a pas usé de sa connaissance et de son influence n'ont pas bien suivi le rôle que nous avons joué ces dernières semaines", a encore dit M. De Croo.

Dans la majorité, un appel à la condamnation de la candidature du président sortant s'est également fait entendre dans les rangs de la N-VA.

"La ligne que le gouvernement a suivie est la bonne mais, à l'arrivée, il faut que le gouvernement, après tout ce qu'il a dit, condamne moralement un troisième mandat et souligne que ce n'est absolument pas possible", a expliqué Peter Luyckx.

Plein écran
© ap