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L'avocat de Nemmouche se confie: "Bien sûr que je le crois innocent"

Le procès de l'attentat au Musée juif débute ce jeudi par la lecture de l'acte d'accusation. Sébastien Courtoy, l'un des trois avocats de Mehdi Nemmouche, qui est accusé d'être l'auteur de cet attentat, va tenter de prouver son innocence. "Bien sûr que je le crois innocent. Si ce n'était pas le cas, je passerais mon temps à Ibiza avec deux jolies filles sur les genoux", lance ce dernier. Le ton est donné.

Lundi après-midi, alors que le jury venait tout juste d'être constitué pour le procès de l'attentat au Musée juif, qui s'est ouvert ce jeudi, Sébastien Courtoy, l'un des trois avocats de Mehdi Nemmouche s'est confié à Het Laatste Nieuws. Jeans déchiré, éternelles lunettes de soleil sur les yeux, l'avocat est un véritable personnage au sein du Palais de Justice.

"Ce n'est pas un secret: beaucoup de gens pensent que je suis à moitié stupide", avoue-t-il. "Certains avocats au Palais de Justice pensent même que je me cache les yeux parce que je suis constamment sous l'influence de la drogue. Pfff, laissez-les parler. Je fais ce qu'il me plaît. Je me fous de ce que les gens pensent de moi". Mais ce lundi, Sébastien Courtoy a fait le choix de ne pas porter ses lunettes "parce que quatre personnes sont mortes dans ce dossier".

Avocat réputé mais aussi controversé en Wallonie, Sébastien Courtoy s'est spécialisé dans la défense de djihadistes et d'islamistes radicaux mais aussi de clients accusés d'antisémitisme comme Dieudonné ou l'ex-député fédéral Laurent Louis. Mais en Flandre, il est surtout connu pour une affaire le concernant. En 2006, il avait en effet été soupçonné d'avoir jeté des clous sur le parcours du "Gordel". Des accusations qu'il a toujours niées et pour lesquelles il a été blanchi.

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Sébastien Courtoy et Henri Laquay. © photo_news

Si Sébastien Courtoy a accepté de défendre gratuitement Mehdi Nemmouche - "Je ne veux pas que le contribuable paie pour sa défense" - il se consacre toutefois entièrement à l'affaire. "Ça ne signifie pas que je le défends à moitié. Je travaille sur ce dossier 17 à 18 heures par jour depuis des mois", explique-t-il.

Lorsqu'on lui demande ce que pense sa famille du fait qu'il défende un individu accusé d'avoir tué quatre personnes, Sébastien Courtoy explique être "une cause perdue" pour sa mère. "Honnêtement: je suis plus intéressé par Mehdi Nemmouche que par ma mère". Quant à son fils: "Je lui ai demandé s'il avait déjà été accusé de quelque chose qu'il n'avait pas fait par un professeur. "Oui," m'a-t-il dit. Je lui ai répondu que c'était exactement la même chose avec ce monsieur. Que je devrais l'aider parce que ce qu'ils disent à propos de lui n'est pas vrai". 

Pour l'avocat, son client est en effet innocent. "En fait, c'est simple: Nemmouche a été arrêté à Marseille avec ces armes. Soit il avait ces armes parce qu'il les a utilisées. Soit il les a reçues d'une manière ou d'une autre après l'attentat. Au cours du procès, il deviendra clair que ce n'est pas la première option".

"Je viens lourdement armé"
"Je ne peux pas tout dire pour le moment, mais le dossier fait 50.000 pages. J'y ai trouvé trente à quarante éléments qui montrent qu'il n'était pas le tireur et que d'autres personnes étaient impliqués. Celles-ci incluent une empreinte d'une semelle de chaussure, une série de bizarreries et de l'ADN trouvés dans un lieu étrange. Nous n'allons pas tenter de semer le moindre doute au procès. Nous allons simplement montrer au jury qu'il n'a pas tiré sur ces personnes et que ce n'était pas une attaque de l'État islamique. Dites-moi: pourquoi l'EI n'a-t-il pas revendiqué cette attaque alors qu'ils le fait normalement?"

"Cela peut sembler étrange venant de la bouche de l'avocat de Mehdi Nemmouche, mais je viens lourdement armé au procès. Plus de trente éléments pour convaincre le jury. Je pense que c'est gigantesque", conclut-il.