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Melikan Kucam. © n-va

L'enquête sur Melikan Kucam liée à celle sur une vaste organisation criminelle

L'enquête sur Melikan Kucam, ce conseiller communal N-VA à Malines suspecté d'avoir facilité la délivrance de visas humanitaires contre d'importantes sommes d'argent, est dérivée de celle sur une vaste organisation criminelle anversoise démantelée mardi, indique le parquet d'Anvers, confirmant une information de la VRT. M. Kucam n'est toutefois pas un suspect dans cette plus large enquête.

Melikan Kucam se trouve derrière les barreaux depuis quatre semaines. Il est soupçonné d'avoir reçu de l'argent pour placer sur la liste des personnes éligibles à un visa humanitaire des membres de la communauté chrétienne assyrienne. La majorité des suspects interpellés mardi dans le cadre d'une enquête sur une organisation criminelle à Anvers, impliquée dans le trafic de drogues et d'armes, le blanchiment d'argent et la corruption, sont Assyriens. L'avocat de M. Kucam a dit ignorer que l'enquête visant son client était une émanation de cette investigation.

Vaste enquête à Anvers
Plus tôt ce mardi, nous apprenions que les enquêteurs de la police judiciaire fédérale d'Anvers ont effectué 46 perquisitions ce matin dans le cadre d'une enquête sur une importante organisation criminelle impliquée dans le trafic de drogues et d'armes, le blanchiment d'argent et la corruption, a indiqué le parquet d'Anvers dans un communiqué. Quinze personnes issues d'une même famille turco-assyrienne ont été interpellées.

"Il semble que l'organisation vise à acquérir le plus grand pouvoir criminel possible, en jouant sur différents fronts", a commenté le parquet. "L'organisation tente d'obtenir de l'influence au sein de la police, des services communaux, du port, dans la politique, le milieu bancaire ou encore l'église en Belgique. Des contacts avec des personnes proéminentes et influentes en Turquie ont également été détectés."

Plus de 26.000 heures d'enquête
L'enquête a démarré en novembre 2017, après un rapport sur l'existence d'une telle organisation. Des écoutes téléphoniques et des méthodes d'enquête spéciales ont permis de suivre la trace de cette organisation criminelle. La police judiciaire fédérale a déjà consacré 26.370 heures à cette investigation.

Divers trafics
Il en est ressorti que l'organisation semble impliquée dans plusieurs affaires suspectes. "Il est question d'un trafic et et de tentative de trafic de cocaïne au port d'Anvers. Des bénéfices patrimoniaux acquis illégalement auraient été investis dans des entreprises, des biens immobiliers et des armes. De l'argent a également transité vers la Turquie."

Corruption
L'organisation est soupçonnée d'avoir demandé à plusieurs policiers de lui fournir des services. Un agent communal corrompu aurait également fourni de faux documents d'identité contre paiement. Des contacts dans le secteur bancaire auraient en outre transmis des créances bancaires émises par la justice à l'organisation. Celle-ci semble s'être structurée autour d'un pouvoir changeant, ce qui, selon le parquet, met en évidence une lutte intestine. Cela ressort également de plusieurs incidents violents internes.

46 perquisitions
Mardi, 46 perquisitions ont été menées à Anvers et dans ses environs. Plus de 300 policiers ont pris part à l'opération. Quinze personnes ont été privées de liberté. La majorité sont des Assyriens. Ils seront entendus mardi et mercredi.