La mise en scène initiale était très claire, les détournements ultérieurs sont trompeurs
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La mise en scène initiale était très claire, les détournements ultérieurs sont trompeurs © Would You React?

L'expérience sociale sur le coronavirus victime de détournements

La vidéo de l’initiative citoyenne “Would You React?” consacrée au racisme anti-asiatique en lien avec le coronavirus Covid-19 et tournée dans le métro bruxellois fait l’objet de détournements sur les réseaux sociaux, alerte dimanche son auteur, Jonathan Lambinet. Suite aux milliers de vues d’une publication trompeuse, l’Agence France-Presse (AFP) y a même consacré vendredi un article de fact-checking, recadrant la caméra cachée qui met en scène des actrices à la base des -fausses- agressions.

“De nombreuses pages Facebook et Instagram ont découpé certains passages de notre vidéo pour ensuite les republier sur leur page, sans aucune autorisation, en les sortant de leur contexte, sans explication, sans préciser qu’il s’agit d’une expérience sociale et qu’il s’agit d’acteurs”, regrette Jonathan Lambinet, initiateur du projet. “En fait, il s’agit de détournements de nos images pour bénéficier de quelques abonnés ou likes supplémentaires sur leurs propres pages. Le problème c’est que certaines de ces vidéos détournées sont vues plus de 200.000 fois”, constate-t-il.

Effet inverse

La vidéo initiale, visionnée plus de 900.000 fois, est clairement introduite et démontre un très large soutien à la communauté asiatique. Or, les vidéos détournées entraînent insultes et menaces envers les actrices ainsi qu’une vision raciste de la société belge, pointe M. Lambinet, insistant sur le fait que son expérience montre justement l’inverse, donc des réactions positives.

Incroyable manque de discernement

“Ce qui m’inquiète surtout, c’est le manque de discernement d’un très grand nombre d’internautes: comment peuvent-ils malgré tout, en voyant ces images, aussi facilement penser qu’il s’agit d’une vraie scène?”, s’étonne l’auteur, citant notamment les multiples angles de vue et les différentes prises de son. “Je suis surpris car en un ou deux clics, toutes les infos étaient facilement trouvables. C’est là qu’on comprend l’impact que les ‘fake news’ peuvent avoir, car en réalité on découvre qu’une partie du public est très facilement maniable et influençable, qu’il est très facile de lui faire croire quelque chose en sortant les images de leur contexte”, observe-t-il.

La vidéo complète de Would You React? est à revoir ci-dessous.