L'immigration albanaise en Belgique

Le 1er août 1956, le train transportant 700 réfugiés venus de pays communistes du sud-est de l'Europe arrive en gare de Seille, dans la province de Namur. Ces réfugiés ont fait un voyage de 72 heures et parmi eux, il y a des centaines de réfugiés originaires d'Albanie: c'est le début de la première vague d'immigration albanaise en Belgique. On évalue entre 40.000 et 50.000 le nombre d'Albanais ou de Belges d'origine albanaise en Belgique. Ils sont originaires d'Albanie, du Kosovo, de la Macédoine et du Monténégro.

La première vague d'immigration albanaise est "élitiste" et date de la fin des années cinquante et du début des années soixante. Il s'agit d'Albanais du nord de l'Albanie, relativement instruits, opposés à la dictature communiste d'Enver Hoxha et en quête de liberté.

Arrivés dans un pays qui a besoin de main-d'oeuvre, les réfugiés politiques albanais sont bien accueillis en Belgique et s'y intègrent bien. Cet exil ne sera pas exempt de souffrance car le rideaux de fer qui entoure l'Albanie les privera de tout contact avec leur pays d'origine et leur famille pendant une quarantaine d'années.

Cette première vague d'immigration sera suivie de l'arrivée plus massive d'Albanais du Kosovo qui débutera à la fin des années '70 et s'intensifiera dans les années '90 en même temps que la répression serbe s'abattra sur les Albanais du Kosovo. Elle culminera lorsque Belgrade commettra des massacres de milliers de civils albanais et chassera près d'un million d'Albanais du Kosovo en 1999. Il s'agit aussi d'une immigration surtout politique qui apportera une aide matérielle précieuse aux familles restées au Kosovo et dont la situation économique est de plus en plus difficile.

Dans les années '90, une deuxième vague d'immigration provient d'Albanie après la chute du régime communiste. Des centaines de milliers d'Albanais, coupés du monde pendant 45 ans, fuient la grande pauvreté de l'Albanie et se précipitent surtout en Italie et en Grèce mais aussi en Belgique. (belga)