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L’inhalation du protoxyde d’azote est “un phénomène ponctuel à Charleroi”

EnquêteLa Ville de Tournai envisage d’interdire la vente et la détention des capsules de protoxyde d’azote sur son territoire. Comines et Mouscron sont déjà passés à l’action. Les consommateurs de ces petites bonbonnes argentées s’en servent comme gaz hilarant. En cas de dépendance au produit, le risque de dommages neurologiques est bel et bien présent.

“A Charleroi, le protoxyde d’azote n’est pas fort utilisée. On retrouve parfois des petites fioles en rue. Les ados les utilisent parfois pour rigoler. C’est un phénomène ponctuel. Les jeunes inhalent ce qu’ils appellent le proto lors d’une sortie en discothèque, par exemple. C’est une drogue récréative. Sans plus” nous a expliqué la psychologue de Carolo Contact Drogues, Isabelle Seye.

D’ailleurs, elle n’a reçu encore aucune demande de soutien de la part d’un consommateur de ce produit. Par contre, le sujet est déjà arrivé sur la table lors de formations accordées à des professionnels du milieu: “Même si cela reste marginal, certains constatent que l’utilisation de ce produit est en recrudescence depuis un an, un an et demi environ.”

Statistiques

Les statistiques récoltées sur la région de Charleroi tendent à confirmer qu’il ne s’agit pas d’un problème majeur. Une étude a été réalisée par la Cellule d’Aide aux Assuétudes en Milieu Scolaire auprès de plusieurs écoles secondaires du deuxième et troisième degré en 2018. Au total, seuls 9,6% des 975 jeunes interrogés dans le Pays Noir ont avoué avoir déjà eu recours au protoxyde d’azote. Soit un jeune sur dix. Il s’agissait principalement d’une consommation expérimentale. 6,7% n’ont tenté l’expérience qu’à une seule reprise. Pour 2,7%, l’usage de ce stupéfiant ne s’opère qu’une à deux fois par mois. Seuls deux répondants ont déclaré en consommer chaque semaine (0,2%).

Pour le chargé de projet chez Eurotox (NDLR. l’observatoire socio-épidémiologique Alcool-Drogues en Wallonie et à Bruxelles), Michaël Hogge, ces chiffres sont rassurants: “Il n’y a que quelques très faibles cas d’assuétude. Or, les risques majeurs pour la santé ne concernent que les personnes sujettes à une accoutumance. Après, une consommation épisodique peut provoquer une perte de connaissances, des brûlures, des nausées, des maux de ventre... Mais c’est justement parce qu’elle n’est pas toujours agréable que les gens n’accrochent pas forcément.”

Selon l’étude effectuée sur l’échantillon carolo, l’utilisation du protoxyde d’azote est nettement inférieure à celle déclarée pour l’alcool (70% en ont bu au moins une fois dans leur vie), le tabac (47,9% en ont consommé au moins une fois dans leur vie) ou le cannabis (22,8% en ont fumé au moins une fois dans leur vie).