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Les dix enfants belges actuellement bloqués dans un camp de réfugiés en Syrie. © .

La Belgique doit payer 50.000 euros par jour aux enfants de djihadistes: “Mais on ne veut pas de cet argent”

Comme nous l’évoquions ce lundi, l'État belge est désormais contraint à verser une astreinte de 5.000 euros par jour de retard aux dix enfants bloqués dans un camp de réfugiés en Syrie. Cependant, les avocats des familles concernées expliquent à Het Laatste Nieuws qu’ils préféreraient évidemment que ces enfants puissent rentrer le plus rapidement possible dans leur pays d’origine plutôt que de voir des milliers d’euros s’accumuler sur un compte en banque.

“Nous ne voulons pas du tout de cet argent”, déclare ainsi Abderrahim Lahlali, l’avocat qui représente les familles avec son collègue, Mohamed Ozdemir. “Nous préférerions, et de loin, que la Belgique ramène ces enfants de Syrie”, poursuit-il. 

“Rien ne bouge”

Selon lui, le gouvernement n’a absolument rien fait pour les rapatrier depuis deux ans. Et malgré la décision de justice, les choses ne semblent pas bouger davantage, accuse Me Lahlali. “Quatre semaines après le verdict, nos clients ont été invités à envoyer des photos récentes de leurs enfants. C'est tout...”

L’État belge doit fournir à ces dix enfants une assistance consulaire et des documents administratifs, de voyage et d’identité en vue de leur rapatriement. Mais selon les avocats, la Belgique doit faire plus. “Le juge l’a clairement indiqué lors de son verdict! À savoir, l'État doit tout mettre en œuvre pour les rapatrier. Ce qui signifie concrètement qu’il doit collaborer avec les organisations sur place pour les ramener du camp d’Al-Hol, ce qui n’a jamais été fait”, fustige Abderrahim Lahlali.

Mise en demeure

Les avocats ont mis en demeure les ministères de la Justice et des Affaires étrangères. L'État a désormais dix jours pour payer l’astreinte de 5.000 euros par enfant et par jour. S’il ne s’exécute pas, les avocats pourront faire appel à un huissier de justice, ce qui augmentera encore davantage la somme à payer.

Les montants ainsi versés seront ensuite transférés sur des comptes au nom des enfants. Ceux-ci n’y auront cependant accès qu’à l’âge de 21 ans. Le plus jeune d’entre eux a six mois, le plus âgé a quant à lui sept ans. 

Citation

“Si l’un des enfants mourrait d’une pneumonie par exemple, nous pourrions poursuivre l'État belge pour homicide involontaire”

Abderrahim Lahlali, Avocat des familles

Selon Abderrahim Lahlali, la Belgique ne peut pas se permettre de laisser les enfants dans leur camp syrien. “Que se passerait-il si l’un d’entre eux venait à mourir? J’espère qu’on n’en arrivera pas là”, dit-il. Pour l’instant, aucun enfant ne semble en danger de mort. Mais les choses pourraient mal tourner. D’ailleurs, des enfants belges ont déjà perdu la vie dans le camp d’Al-Hol. “Si l’un des enfants mourrait d’une pneumonie par exemple, nous pourrions poursuivre l'État belge pour homicide involontaire”, prévient l’avocat des familles.

L'État va-t-il vraiment payer?

Contacté par le quotidien flamand, le cabinet des Affaires étrangères répond avec prudence à la mise en demeure dont il fait l’objet. “Nous faisons des efforts, mais nous préférons rester discrets. Cela reste un dossier délicat”, indique-t-on au cabinet du ministre Philippe Goffin.

Si les autorités belges estiment qu’elles ont “tout mis en œuvre” pour rapatrier les enfants, elles peuvent entamer une procédure afin d’éviter de payer les amendes. Si un juge constate que le gouvernement a effectivement fait un effort, il peut les annuler ou les réduire. On ignore toutefois si l’État a l’intention d’entamer une telle procédure.  

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