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Maître Abderrahim Lahlali. © Stefaan Temmerman

La Belgique doit rapatrier les enfants de djihadistes ou payer 50.000 euros chaque jour à partir d’aujourd’hui

Mise à jour50.000 euros par jour. C'est le montant que doit payer l'État belge à partir de ce lundi s’il ne prend pas les mesures nécessaires pour rapatrier dix enfants de Belges partis combattre en Syrie.

Le 11 décembre dernier, le juge des référés de Bruxelles a ordonné à l’État belge de fournir à ces dix enfants une assistance consulaire et des documents administratifs, de voyage et d’identité en vue de leur rapatriement. Il s’agit des enfants des combattantes Nadia Baghouri, Jessie Van Eetvelde et Sabah Hammani, et du combattant Adel Mezroui. La justice a donné aux autorités belges un délai de six semaines. 

Ce délai est à présent expiré et selon Mohamed Ozdemir et Abderrahim Lahlali, les avocats des familles concernées, rien n’a encore été fait pour sortir les enfants du camp de réfugiés d’Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, et les rapatrier en Belgique. C’est ce qu’ils affirment dans les colonnes du Morgen ce lundi. 

Techniquement, l’État belge doit désormais verser 50.000 euros par jour aux enfants s’il ne prend pas les mesures nécessaires: 5.000 euros par enfant et par jour de retard, sur un compte bloqué jusqu’à l’âge de 21 ans.

 “Tout ce que les autorités ont fait, c’est nous demander des photos récentes des enfants, que nous leur avons fournies. Nous avons voulu savoir à plusieurs reprises où en étaient les démarches mais n’avons jamais obtenu de réponse. Le représentant des autorités kurdes nous a en outre affirmé que le gouvernement belge n’avait pas pris contact avec elles”, a déclaré 

Pour les avocats des parents, l’État belge ne peut se contenter de fournir des documents aux mineurs. “Le tribunal a clairement signifié que les enfants devaient rentrer accompagnés en Belgique. Mais le gouvernement ne semble pas appliquer la décision, ou alors il ne communique pas ses démarches. Entre-temps, la situation en Syrie devient intenable à présent que l’hiver est arrivé”, souligne Me Lahlali à l’agence Belga.

“La Belgique fait tout son possible pour délivrer les documents en vue de leur rapatriement”, assure le porte-parole de la Première ministre Sophie Wilmès (MR). “Tous les contacts diplomatiques sont activés pour organiser des missions dans l’intérêt des enfants.” Néanmoins, des plans concrets pour organiser de telles missions ne semblent pas encore exister.