Ab Osterhaus est la sommité hollandaise en matière de virologie: "Les Belges sont exemplaires" face au coronavirus, estime-t-il
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Ab Osterhaus est la sommité hollandaise en matière de virologie: "Les Belges sont exemplaires" face au coronavirus, estime-t-il © Bob Bronshoff

“La Belgique exemplaire”: le Marc Van Ranst hollandais loue notre abnégation

Les Pays-Bas ont décrété à leur tour des mesures s’approchant du lockdown cette semaine. Une décision trop tardive, selon les experts. Selon le virologue néerlandais Ab Osterhaus par exemple, les mesures hollandaises sont encore trop timides: “Et je pense qu'on a hésité trop longtemps”, regrette-t-il. Contrairement à la Belgique...

On se souvient des “lockdown partys” qui ont ulcéré les autorités belges le vendredi 15 mars avant minuit, alors que nombre de Belges considéraient encore le semi-confinement comme une punition plutôt qu’une manière de se protéger. Chez nous, les mentalités ont changé avec les mesures radicales annoncées gravement par Sophie Wilmès. 

Au Nord, on n’y croit pas encore

Mais les Pays-Bas ont connu ces fêtes irresponsables ce week-end encore et ce malgré les bilans affolants qui tombent chaque jour en Italie et en Espagne. La nonchalance de la population, qui n’a pas saisi sa chance avec l’appel au civisme de son Premier ministre Mark Rutte, fait qu’elle se voit à son tour imposer des mesures coercitives. “Il va enfin y avoir des amendes pour les contrevenants, comme je l’avais conseillé la semaine dernière, j’espère que ça sera un pas en avant”, soupire Ab Osterhaus, virologue renommé de 71 ans que l’on peut comparer au Marc Van Ranst local. 

La souplesse, plus dur que la sévérité

Mark Rutte avait évoqué un “lockdown intelligent”, basé sur la bonne volonté et le bon sens des Néerlandais. Un échec cuisant, mais pourquoi? Question de clarté du message à la population. “C’est la différence entre la Belgique et les Pays-Bas, j’ai souvent cité la Belgique en exemple parce que les mesures ont chez vous été strictes dès le départ. Aux Pays-Bas, vous pouvez toujours aller au marché en gardant 1,5 m de distance. La famille peut encore vous rendre visite ou vous inviter, en théorie jusqu’à trois personnes et en respectant la distanciation sociale. Mais dans la pratique, c’est bien trop difficile à respecter”, résume-t-il. 

De province en province, l’épidémie menace

Quel est le risque? “Il pourrait se passer ce qui s’est passé en février, lorsqu'on a laissé revenir des touristes infectés dans le nord de l’Italie, précisément à la période des carnavals dans la province du Brabant. Les gens se baladaient en croyant ne contaminer personne s’ils n’avaient pas de symptômes. Maintenant on sait que c’est faux, et on a une explosion des cas dans la province. Il est très compliqué d’encore contenir l’épidémie dans cette région. Si on ne met pas plus de barrières au virus, il se propagera de la même manière à toutes les autres provinces”, craint le virologue. 

Jusqu’à 100.000 morts potentiels

Les Pays-Bas lâchent-ils donc définitivement la piste de l’immunité de groupe? “Les experts ont défendu cette idée mais personnellement, j’avais du mal avec cela. Heureusement, c’est plus ou moins abandonné. Laisser le virus circuler, c’est exposer les groupes à risques et engendrer de nombreux malades, ce qui pèserait trop sur le système des soins de santé. Sans des mesures aux Pays-Bas, on compterait 50.000 à 100.000 morts”, prévient-il. 

Les enfants, bombe à retardement?

Quant à l’idée de Marc Van Ranst de maintenir les écoles ouvertes car les enfants participent à l’immunité de groupe, il ne le suit que partiellement. “En effet, les enfants ne tombent pas malades. Mais on en sait encore trop peu sur la propagation du virus chez les enfants et leur rôle de vecteur. On sait en tout cas qu’en cas de grippe, les enfants sont les pires transmetteurs donc, vu qu'on n’est sûr de rien ici, autant limiter les risques”. 

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