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La Belgique pas dépensière en matériel militaire

Des 27 pays de l'Otan possédant une armée, la Belgique est, après la Slovénie et Bulgarie, celui qui consacre le plus faible pourcentage de ses dépenses de défense (2,8%) au renouvellement de son matériel militaire, a indiqué mardi l'Alliance atlantique, confirmant une tendance lourde enregistrée année après année.

Dans un document intitulé "Données économiques et financières concernant la défense de l'Otan", l'Alliance souligne qu'une très large part des dépenses de défense belges va au personnel militaire et civil, qui absorbait à lui seul en 2013 77% du total, en légère baisse par rapport au maximum historique de 78,5% en 2012.

En ce qui concerne les dépenses d'équipements (principalement les achats de matériel), la Belgique se situe en antépénultième position, juste devant la Slovénie (1,5%) et la Bulgarie (2,3%).

Selon l'Otan, la Belgique n'a consacré en 2013 que 2,8% de ses dépenses de défense à cette fin (un minimum historique encore en baisse par rapport aux 3,6% de 2012).

La France et les Etats-Unis se situent à l'autre extrémité de l'échelle, avec respectivement 28,6 et 24,7% de leur budget militaire consacré à l'équipement, précédant le Royaume-Uni (23,1%) et la Turquie (20,5%).

Le ministère belge de la Défense relativise généralement ces chiffres, tout en faisant la distinction entre le "budget de la Défense" et les "dépenses de défense", une notion plus large qui englobe notamment les pensions des militaires.

L'Otan ne tient en outre compte que des "gros investissements". Tous les "petits" achats n'entrent donc pas en ligne de compte, affirme le ministère qui estime dès lors investir davantage que ce que calcule l'Otan.

Les différents plans de restructuration de l'armée adoptés depuis 2000 prévoyaient d'augmenter significativement les dépenses d'équipements, de manière à ramener la structure du budget de la Défense à des proportions qualifiées de "saines": 50% pour le personnel, 25% pour les investissements (matériels et infrastructures) et 25% pour le fonctionnement (dont l'entraînement).

Le document, publié à la veille d'une réunion des ministres de la Défense alliés à Bruxelles, révèle encore une nouvelle baisse des dépenses de défense belges entre 2012 et 2013, de 4,023 milliards d'euros à 3,964 milliards en recul de 3,1%.

En pourcentage du PIB, les dépenses de défense belges ont fortement reculé depuis la fin de la Guerre froide, de 2,7% en moyenne dans les années 1985-1989 à 1% en 2013, en très légère baisse par rapport à l'année précédente.

L'Otan souhaite que ses membres consacrent au moins 2% de leur PIB à la Défense, un seuil que seuls quatre des 28 alliés (les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Grèce et l'Estonie) atteignent.

La moyenne de l'OTAN est de 2,9%, mais largement influencée par l'énorme budget militaire américain qui représente quelque trois quarts des budgets militaires alliés.

Cette tendance à la baisse ou à la stagnation des dépenses de défense se confirme dans tous les pays de l'Alliance, mais elle est particulièrement sensible en Hongrie et en Espagne (-11,9% en 2013), ainsi qu'en Italie (-10,3%). Elles se sont en revanche quasi-stabilisées en Grèce, après des années de recul dû à la crise de sa dette.

Les Etats-Unis demeurent quant à eux premiers du classement, en consacrant 4,4% de leur PIB à la Défense, suivis par le Royaume Uni (2,4%) et la Grèce (2,3%). Tous les autres pays sont sous la barre des 2% souhaités par l'Otan, avec le Luxembourg en fin de classement (0,4% du PIB). Seule l'Islande ne dispose pas d'armée.

Le rapport de l'Otan évoque enfin les réductions d'effectifs qui ont touché les armées alliées depuis la fin de la Guerre froide.

En Belgique, l'effectif moyen est passé de 106.000 (gendarmerie comprise) en 1990 à 47.000 en 1995 (après la démilitarisation de la gendarmerie et la fin du service militaire obligatoire) pour se réduire à 31.000 hommes et femmes en 2011 - l'objectif fixé par le gouvernement au ministre de la Défense, Pieter De Crem.

Le personnel de la Défense ne représente plus que 0,6% de la population active, contre 2,7% en 1990, au lendemain de la chute du Mur de Berlin.