Le Colruyt de Forest a été pris d'assaut dès le début des mesures et les employés n'ont pas immédiatement bénéficié de protection.
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Le Colruyt de Forest a été pris d'assaut dès le début des mesures et les employés n'ont pas immédiatement bénéficié de protection. © Photo News

La famille de l’employé de Colruyt décédé prend un avocat: “Son chef lui a refusé un masque”

CoronavirusLa famille de Mohamed N., décédé dans la nuit du 2 avril de complications du Covid-19, a demandé à deux avocats d’engager des poursuites contre Colruyt, l’employeur du jeune homme de 32 ans. La famille estime que la chaîne de supermarchés n’a pas fourni de protection suffisante à la victime durant ses heures de travail. “Selon son chef d’équipe, il n’était pas nécessaire de porter un masque buccal vu son jeune âge”, dénonce la famille.

Mohamed N., 32 ans, travaillait depuis 2009 au Colruyt de Forest. Il est décédé le 2 avril dernier des suites du coronavirus. Sa famille lui a rendu un dernier hommage au cimetière d’Evere et a décidé ce lundi d’entreprendre des démarches juridiques contre la chaîne de supermarchés. 

“Il n’allait que chez lui et au travail depuis le 13 mars”

Selon le beau-frère de la victime, il était de la responsabilité de Colruyt de protéger correctement ses employés contre le virus. “C’est scandaleux”, déplore Hatim Doghmi pour qui il semble évident que Mohamed a contracté le virus sur son lieu de travail. “Depuis le 13 mars, le pays est confiné. Tout le monde connaît les risques, et Mohamed le savait aussi. Il n’est allé que dans deux endroits depuis: à son travail ou à la maison. Plusieurs jours après la mise en place des mesures, Mohamed a demandé à son responsable de pouvoir porter un masque. Mais il a immédiatement refusé, en disant que ça allait effrayer les clients. Selon lui, il n’avait aucune raison d’en porter un car il était trop jeune pour courir le moindre risque”, dénonce le beau-frère.

Il résume la fin de vie brutale de Mohamed, parti en 7 jours: “Quelques jours plus tard, Mohamed est tombé malade et a été testé positif au coronavirus. Les examens ont démontré qu’il n’avait perdu que 10% de ses facultés respiratoires donc les médecins l'ont mis en convalescence à la maison. Tous les jours, il avait de la fièvre, entre 38 et 40. Puis, le 2 avril, il est finalement décédé des suites du virus”.

Le beau-frère de la victime affirme que la médiatisation de son décès a provoqué une pluie d’appels d’autres employés de supermarchés se plaignant eux aussi de ne pas être suffisamment protégés dans les magasins où ils travaillent. “Au total, j’ai déjà 27 témoignages que nos avocats collectent actuellement”. 

Ce que la famille exige, ce sont des dommages et intérêts: “Et si Colruyt ne veut pas s’asseoir autour de la table avec nous, nous les traînerons en justice. L’attitude laxiste de Colruyt a coûté la vie de mon beau-frère”. 

La réponse de Colruyt

Hier, Colruyt a réagi au décès de son collaborateur: “Nous avons effectivement reçu fin de la semaine dernière la triste confirmation du décès dans son sommeil d’un collègue du magasin Colruyt de Forest. Nos pensées vont à la famille, les amis, les collègues les plus proches du défunt”, indique la chaîne de supermarchés. “Nous sommes en demande actuellement de plus de détails sur les événements, en tenant compte de l’aspect du secret médical. Notre priorité est désormais l’accueil des collaborateurs concernés et également de leur fournir des informations claires et éventuellement de répondre à d’autres questions.”

Colruyt Group souligne que la chaîne, comme l’ensemble du secteur, met tout en œuvre pour créer le cadre le plus sécurisant possible pour ses employés. “Nous continuons également à demander à nos clients de respecter strictement les règles et de faire preuve de la responsabilité et la civilité nécessaires pour le bien de tous: se laver les mains régulièrement, garder la distance, ne pas se retrouver nez à nez et acheter ce qu’ils touchent. Et témoigner du respect nécessaire à nos employés, qui font de leur mieux pour assurer l’approvisionnement alimentaire quotidien”. Colruyt Group dit encore avoir eu des “entretiens très constructifs avec les syndicats” ces dernières semaines. Un régime d’indemnisation a été élaboré et sera encore affiné. 

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