Plein écran
© thinkstock

La Ligue d'Impro attaque sa rivale en justice

Le tribunal de première instance de Bruxelles se penchera le 5 décembre, en référé, sur une action peu habituelle: la Ligue d'Improvisation Belge (LIB) a cité à comparaître la Ligue d'Improvisation Professionnelle Wallonie-Bruxelles (LIB), parce qu'elle juge trop proche du match d'improvisation le spectacle "Versus" joué depuis le mois de novembre par sa concurrente.

L'action judiciaire est le nouvel épisode d'une saga artistico-judiciaire qui a commencé il y a trois ans. Fin 2011, lors d'une assemblée générale, la grande majorité des comédiens de LIB a tenté de révoquer la direction de l'association parce qu'elle contestait sa gestion et certaines de ses orientations artistiques. La réunion ne respectait toutefois pas les conditions prévues par la loi et la tentative a avorté. La trentaine de comédiens réfractaires a claqué la porte pour créer leur propre association: la Ligue d'Improvisation Professionnelle Wallonie-Bruxelles.

Sans guère de moyens, cette nouvelle ligue s'est organisée, regroupant quelques figures connues du monde théâtral et de l'improvisation belge (Benoît Pauwels, Thomas Demarez, Fredéric Nyssen, David Macaluso, Naïma Ostrowski, Elisabeth Wautier, Dominique Pattuelli, etc.) Le 9 novembre, elle a lancé le spectacle "Versus" qui associe quatre équipes autour d'un maître de jeu. La formule s'inspire du jeu de la Ligue d'Improvisation Montréalaise (LIM) et la troupe québécoise "Cinplass". Le thème varie lors de chaque représentation et le public est invité à se prononcer, non sur l'équipe qu'il a préférée mais sur le respect d'une charte de l'improvisation théâtrale présentée au début du spectacle.

Le 7 novembre, la LIB a mis la LIP en demeure de modifier son spectacle, estimant qu'il s'agissait d'une version trop proche du match d'improvisation, un concept déposé au Québec et que la LIB est autorisée à utiliser en Belgique. Le 14 novembre, elle a cité sa concurrente à comparaître en référé.

"Nous n'arrivons pas à les comprendre. Ce que nous ressentons, c'est une volonté de faire disparaître tout ce qui pourrait coexister avec eux. Ils en viennent à nous reprocher de jouer comme eux le dimanche et le lundi alors qu'il s'agit des jours de relâche dans les théâtres", a souligné le président de la LIP, David Malacuso.

Le directeur artistique de la LIB, Patrick Ridremont, n'a pas souhaité faire d'autre commentaire.

En octobre 2000, la LIB avait introduit une action similaire contre la formule de "catch impro". Elle avait été déboutée.