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La méthode Freinet, est-ce vraiment la panacée?

Les parents qui ont choisi d'inscrire leur enfant dans une école de pédagogie active (type Decroly à Bruxelles) ont-ils fait le meilleur choix? C'est une certitude pour les partisans des méthodes Freinet, Montessori et Steiner mais une étude de la KUL vient de remettre en cause les bienfaits à long terme de telles écoles, relate la presse flamande et francophone.

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La pédagogie active mise sur la place centrale que doit occuper l'enfant, principal acteur de son apprentissage, au cours de l'enseignement qui lui est prodigué. Le but: développer l'autonomie, cultiver l'enthousiasme, respecter la liberté et le rythme de l'enfant. Mais surtout le confronter à des situations à gérer plutôt que le forcer à assimiler de la matière pure. En cela, ces méthodes "modernes" devancent l'enseignement ex cathedra où les écoliers gobent silencieusement les vérités inculquées. C'est en tout cas ce dont se targuent les écoles de pédagogie active et leurs adhérents. Inscrire son enfant là où Freinet règne en maître, c'est donc un must, un gage d'avenir et de réussite. Ou une bonne alternative pour les enfants (et parents) qui ont eu du mal à se frotter à l'enseignement traditionnel.

Maths, orthographe et lecture en cause
Mais l'équation est-elle si simple? Une étude de l'université catholique de Louvain, menée sur 6.000 élèves de 190 écoles primaires, vient pourtant faire vasciller le piédestal de telles écoles. Selon les conclusions des chercheurs révélées hier, si les aptitudes des enfants nourris de la pédagogie active s'emballent durant leurs premières années d'école, celles des élèves issus de l'enseignement traditionnel les devanceraient lors des années ultérieures. C'est en mathématiques, lecture et orthographe notamment que l'écart se creuse à l'avantage de l'enseignement traditionnel. Au niveau du CEB par contre, le taux de réussite serait indentique à l'issue d'une scolarité quelle que soit la méthode choisie.

Enthousiasme et intérêt
Quant à l'éveil spontané, ce fameux enthousiasme, cette joie et volonté d'apprendre qui font la fierté des méthodes actives, là aussi l'étude se montre réticente. Non que la pédagogie active endorme les petits écoliers, mais celle-ci ne réveillerait finalement en eux pas plus d'enthousiasme que les méthodes prônées dans l'enseignement traditionnel, conclut l'étude.

Adieu le drill
Les méthodes actives ont-elles depuis toujours une réputation surfaite? Pas forcément. Peut-être faut-il rappeler que l'enseignement dit traditionnel a été profondément remodelé au cours de la dernière décennie? Les professeurs doivent actuellement suivre un programme qui répond à des objectifs déterminés et ils se doivent aujourd'hui de convaincre l'élève, d'attiser sa curiosité et de développer son esprit critique plutôt que le brimer. On est loin aujourd'hui de l'époque des dictées et du fameux "drill". Mais cette liste d'objectifs et le fil conducteur de l'enseignant tel que voulus par la Communauté française sont bien plus complexes. En découle d'ailleurs un inconfort pour certains professeurs qui ont totalement dû revisiter leurs cours et leur manière de les dispenser. D'aucuns ont d'ailleurs le sentiment de devoir perpétuellement "justifier" ce qu'ils veulent apprendre aux enfants.

Sur les plates bandes de l'autre?
Si l'enseignement traditionnel a évolué, il s'est peut-être aussi partiellement inspiré de certains aspects de la pédagogie active sans y adhérer totalement. La liberté prônée dans la deuxième et l'encadrement plus serré typique de la première sont encore des écueils qui divisent les deux méthodes.

Comparer les deux méthodes d'enseignement a-t-il encore un sens? "C'est un sujet classique de la recherche en éducation d'évaluer ces pédagogies en les opposant à la pédagogie traditionnelle, mais cela ne donne pas de résultats très intéressants. Ce n'est pas la meilleure manière de poser le débat. Cela donne généralement 'match nul', simplement parce qu'il y a beaucoup plus de recouvrement entre les différentes sortes de pédagogie", explique Dominique lafontaine, professeur en sciences de l'éducation à ULg au Soir.

Il existe actuellement sept écoles fondamentales à Bruxelles et deux en Brabant wallon qui utilisent les méthodes dites actives tandis que seule Decroly à Uccle (et bientôt une nouvelle école à Forest) se charge du secondaire "actif". Une offre peu étendue qui ne suffirait pas à combler les parents désireux d'inscrire leurs enfants dans de tels établissements.

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