La nage en eau froide, un sport de l’extrême qui “offre une sensation de bien-être incroyable”

Bientôt aura lieu la traversée hivernale de la Meuse. Plus qu’un événement annuel, ce rendez-vous est un incontournable de la pratique en eau froide. Un sport méconnu, qui fait très certainement déjà grelotter plus d’un d’entre vous à la simple lecture de ces mots, mais un sport qui a de fervents adeptes. Rencontre avec deux d’entre eux.

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Un des grands projets de Sophie est d'aller nager dans les eaux salées du nord de l'Europe, là où la température passe sous la barre du 0. © D.R.

Sophie François a découvert la nage en eau froide cet été, alors qu’elle était venue voir une amie qui traversait justement la Meuse. “J’ai toujours fait de la natation. Et en la voyant nager en eau libre, ça m’a donné envie d’essayer”, explique la nageuse. Jean-François Deneumostier, quant à lui, a débuté il y a un an. Lui non plus n’est pas un novice, puisqu’il a longtemps pratiqué la natation en compétition. Après une longue pause, il s’est intéressé à cette pratique particulière grâce à un maître-nageur hutois qui lui a proposé de nager dans le fleuve.

Outre l’aspect sportif, la nage en eau froide apporte, à ces deux membres du club Cool Huy, un bien-être incontestable. “Dans un premier temps, la sensation est bizarre. On ne nage pas dans une eau à moins de 16°C comme dans une eau “chaude”. Mais on se surpasse et la sensation de bien-être après est incroyable”, décrit Jean-François. “Après un entraînement, je me sens bien, détendue, pendant plusieurs jours”, ajoute Sophie.

Ce n’est pas simplement une question de bien-être, pour cette dernière, mais aussi une histoire de santé. “La nage en eau froide booste notre système immunitaire. Des études ont d’ailleurs prouvé que cette pratique diminuait nettement les risques d'infections respiratoires. J’ai d’ailleurs constaté que je tombais beaucoup moins malade depuis que je nage dans la Meuse. Et pourtant, ça ne fait pas si longtemps”, déclare cette médecin anesthésiste du CHR de Huy.

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Jean-François a longtemps fait de la natation en compétition. Il est un nageur chevronné, mais ça n'est pas une condition suffisante pour la nage en eau froide. © D.R.

On ne plonge pas sans l’aval de son médecin !

Toutefois, n’est pas nageur en eau froide qui veut. Il faut en effet passer des bilans de santé réguliers, puisque la pratique peut être très dangereuse. Il y a deux ans, Jean-François a d’ailleurs du essuyé un “stop” de la part de son médecin qui avait détecté un problème de tension. Ce n’est qu’après une année de traitement, il a enfin eu le feu vert et a pu se jeter à l’eau.

C’est aussi une question d’entraînement. Sophie et Jean-François s’entraînent une à plusieurs fois par semaine en piscine en complément de leur sortie hebdomadaire dans la Meuse. Nager en eau vive est très physique et une distance de 120 mètres peut vite devenir 200 mètres avec la dérivation. Une bonne condition est donc impérativement nécessaire.

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Après quelques mois, Sophie constate déjà les bienfaits de cette pratique. © D.R.

“Puis, il ne faut pas rester trop longtemps dans l’eau, ça peut être dangereux pour la santé. Et même si on commence à s’habituer à la température et qu’il est difficile de sortir de l’eau, surtout lorsqu’il fait venteux, il faut s’obliger. En restant trop longtemps, les fonctions vitales peuvent ralentir dangereusement. Et le risque d’hypothermie est important”, explique Sophie. “En compétition internationale, il y a d’ailleurs des paliers à ne pas dépasser. Et au-delà d’un certain temps dans l’eau, les nageurs sont automatiquement repêchés. Même si les participants pensent pouvoir continuer, les organisateurs ne peuvent pas jouer avec leur santé”, ajoute Jean-François.

Les cinq conseils de Jean-François

Si vous êtes intéressés par la pratique, Jean-François a quelques conseils pour vous :

1. S’inscrire dans un club est une condition indispensable au même titre que le bilan de santé.
2. Commencer la nage en eau libre (rivière, fleuve, lac, etc.) en été, quand la température est au-dessus des 16°C, afin de s’habituer, dans un premier temps, au courant. Et y aller progressivement à mesure que les mois passent et que les températures diminuent.
3. Y aller progressivement, également, en ce qui concerne les distances. “On ne parcourt pas autant de mètres ou de kilomètres en hiver ou en été. Là où l’on nage 3 kilomètres lorsqu’il fait chaud, on n’en fait plus que 500 mètres en période hivernale.”
4. Coupler les entraînements en eau libre à des séances en piscine, et de préférence dans les bassins d’eau froide. “Le problème pour moi, c’est que la plus proche se trouve à Theux, ce qui est beaucoup trop loin.”
5. Prendre des douches froides de manière régulière.

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